La réponse à une question pourrait nous aider à comprendre qui emménagera à la Maison-Blanche : les Américaines éduquées appuieront-elles en masse celle qui veut devenir la première présidente des États-Unis?

Yanik Dumont Baron

  Une analyse de Yanik Dumont Baron

La question touche un groupe bien particulier : les électrices de banlieues. Surtout celles qui ont la peau blanche. C'est un groupe qui appuie traditionnellement les républicains. Cette année, ces femmes sont courtisées avec ferveur par les deux camps.

C'est pour elles qu'Hillary Clinton et ses alliés ont passé beaucoup de temps dans les banlieues d'États-clés comme la Pennsylvanie, l'Ohio ou le Colorado. Les publicités léchées mettant en vedette des femmes s'adressent aussi à elles.

Les démocrates ne leur demandent pas de voter Clinton parce qu'elle est une femme. L'appel vise plutôt celles (et ceux) qui sont troublées par la façon dont le républicain Donald Trump parle des femmes. Et par la manière dont il agit en présence de celles qu'il juge attirantes.

Les républicains, eux, ont bien compris que le message anti-establishment de leur candidat plaît surtout aux hommes blancs. Le camp Trump semble réaliser que leur nombre ne sera pas suffisant pour lui donner les clés de la Maison-Blanche.

Dans l'une de ses plus récentes publicités, Donald Trump met justement en valeur l'une de ces femmes venant de la banlieue. « À vous de choisir », conclut la pub, en montrant une électrice seule dans ce qui semble être un isoloir.

Cette semaine, son organisation a lancé une « tournée des femmes » en Ohio. Ivanka Trump, la fille du candidat, s'est rendue au New Hampshire pour promouvoir les promesses qui pourraient aider les femmes et les familles.

Melania Trump, l'épouse de l'homme d'affaires, a pris la parole en public pour la première fois depuis son discours à la convention républicaine. Cela se déroulait près de Philadelphie. Justement, dans l'un de ces endroits où le vote des femmes éduquées est important.

L'appui de ces femmes, blanches, éduquées et vivant en banlieue, est crucial pour les deux camps pour une simple raison : c'est un bloc d'électrices fiable. Qui a tendance à voter en très grand nombre. Une qualité très importante cette année dans une élection où l'enthousiasme semble manquer.

En 2012, le républicain Mitt Romney avait obtenu l'appui d'une majorité de femmes blanches, peu importe leur niveau d'éducation. Cette année, les sondages réalisés pour le Washington Post montrent un contraste frappant.

Les femmes prévoient appuyer les démocrates dans une plus grande proportion qu'il y a quatre ans. C'est surtout vrai pour les femmes qui ont au moins un baccalauréat. Au point où Hillary Clinton aurait 31 points de pourcentage de plus d'appui venant de ce groupe que Barack Obama en 2012.

Un écart énorme. Et cette mesure de l'opinion des femmes a été effectuée avant l'apparition de la vidéo dans laquelle Donald Trump se vantait de pouvoir toucher les femmes sans leur consentement.

Le seul autre « bond » du genre entre les deux élections est noté chez les hommes blancs sans diplôme universitaire. Ceux qui sont allés vers M. Trump en grand nombre.

Bien sûr, les votes de chaque Américain seront comptés. Celui des femmes de banlieues pourrait garantir la victoire à Hillary Clinton. Si c'est le cas, cela marquera un intrigant dénouement pour une campagne marquée par la misogynie et les accusations d'agression sexuelle.

La présidentielle américaine 2016 - notre section spéciale

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