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Spicer démissionne, son adjointe lui succède

Sean Spicer abandonne ses fonctions de porte-parole de la Maison-Blanche, car il aurait désapprouvé la nomination du nouveau directeur des communications. Il sera remplacé par son adjointe, Sarah Huckabee Sanders.

Le président américain, Donald Trump, a nommé vendredi l'homme d'affaires Anthony Scaramucci comme nouveau directeur des communications pour la Maison-Blanche, sur fond de secousses liées à l'affaire russe.

Âgé de 53 ans, M. Scaramucci, un partisan de longue date de Donald Trump, remplace Michael Dubke, qui a démissionné en mai dernier en évoquant des raisons personnelles. M. Scaramucci a annoncé la nomination de Sarah Huckabee Sanders vendredi après-midi lors du point de presse.

Sean Spicer, qui avait été nommé porte-parole de Donald Trump même s'il ne faisait pas partie de sa garde rapprochée, était absent des points de presse quotidiens de la Maison-Blanche depuis plusieurs semaines. Sarah Huckabee Sanders, qui était son adjointe, tenait depuis lors ces conférences de presse – elle y a interdit les caméras –, ce qui avait attisé les rumeurs du départ du porte-parole.

Le parcours de M. Spicer à la Maison-Blanche a été ponctué de nombreux faux pas et sapé par les critiques du président.

Sean Spicer a décidé de jeter l’éponge pour donner un nouveau départ au directeur des communications fraîchement nommé, a-t-il mentionné par téléphone à l’Associated Press. « Nous sommes au point où le président pourrait bénéficier d’une page blanche. »

Il a affirmé avoir le sentiment qu’il serait mieux pour M. Scaramucci d’être capable de construire sa propre opération et de déterminer la voie à suivre. « Il sera super. Ce sera un gars coriace », a dit de lui M. Spicer.

Sa décision de quitter son poste a cependant étonné plusieurs conseillers. Certains ont évoqué un geste de protestation, puisque M. Spicer aurait douté des compétences en communications de M. Scaramucci. Ceux qui ont émis cette hypothèse l'ont fait sous le couvert de l'anonymat, n'étant pas autorisés à parler publiquement.

Pas de querelle interne

La Maison-Blanche n'est pas en proie à des querelles intestines, selon le nouveau directeur des communications.

Il a assuré vouloir faire en sorte que le modèle culturel soit avant toute chose de promouvoir le programme du président. « S'il y a de petites tensions à la Maison-Blanche à cause de cela, ce n'est pas grave », a-t-il ajouté.

Quant à Donald Trump, il a affirmé, dans une déclaration lue par Mme Sanders : « Je suis reconnaissant du travail de Sean au nom de mon administration et du peuple américain. Je lui souhaite beaucoup de succès […] Regardez juste ses superbes cotes d’écoute à la télévision. »

Il a également déploré que le travail accompli par la Maison-Blanche, six mois après l'installation de la nouvelle administration Trump, ne soit pas assez reconnu.

Avant que ne soit nommé Anthony Scaramucci, Sean Spicer occupait les deux chaises de porte-parole et de directeur des communications. Donald Trump lui aurait demandé de demeurer en poste comme porte-parole de la Maison-Blanche, mais en vain.

La démission de Sean Spicer intervient alors que Donald Trump et son entourage s'efforcent de mettre un terme aux différentes polémiques qui ont émaillé les six premiers mois de l'homme d'affaires dans le bureau ovale.

Le mandat de M. Spicer avait connu un départ tumultueux. Au lendemain de l'assermentation de Donald Trump en tant que président, il avait réprimandé les journalistes au sujet de leur couverture de la taille de la foule lors de l'investiture du président et avait quitté précipitamment la salle de presse sans répondre aux questions.

Âgé de 45 ans, M. Spicer a gagné en notoriété quand l'émission humoristique Saturday Night Live, diffusée à NBC, s'est mise à parodier ses points de presse, le faisant personnifier par la comédienne Melissa McCarthy.

Avant d'arriver à la Maison-Blanche, Sean Spicer a travaillé plusieurs années aux côtés du secrétaire général Reince Priebus au sein du Parti républicain. Ce dernier a dit soutenir à 100 % la nomination de M. Scaramucci, même s'il aurait tenté d'empêcher le financier d'obtenir de multiples postes administratifs.

Actuellement employé à l'Export-Import Bank, Anthony Scaramucci devrait commencer le mois prochain à son nouveau poste, précise-t-on de source gouvernementale. Fondateur de SkyBridge Capital, il s'était déjà vu proposer le poste d'ambassadeur des États-Unis auprès de l'OCDE à Paris.

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