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Stéfanie Trudeau, alias Matricule 728, quittera la police

C'en est fait de la vie de policière pour Stéfanie Trudeau, connue sous le nom de Matricule 728, en raison de deux interventions controversées au cœur desquelles elle s'est retrouvée en 2012.

En entrevue à l'émission Gravel le matin, Mme Trudeau s'est fait demander si elle comptait reprendre du service. « Non. J'ai assez donné. Je vais me refaire une santé », a-t-elle répondu sans détour.

La policière fait actuellement la promotion de son livre Servir et se faire salir, dans lequel elle se vide le cœur et s'en prend à la gestion du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Elle est actuellement suspendue avec salaire en attendant le procès pour voies de fait qu'elle doit subir à compter de juin 2016.

Stéfanie Trudeau s'est retrouvée sur la sellette une première fois au printemps 2012 après avoir aspergé de poivre de Cayenne des citoyens lors d'une manifestation organisée dans le cadre du conflit étudiant. Ces images ont été abondamment diffusées par les médias traditionnels et partagées par des milliers de citoyens sur les réseaux sociaux.

« Une manif, c'est une manif; une émeute, c'est une émeute », explique-t-elle aujourd'hui pour justifier son comportement, en plaidant que l'extrait diffusé ne rend pas justice au climat qui régnait ce soir-là. « Moi, je veux revenir chez nous avec tous mes membres », ajoute-t-elle, en affirmant avoir senti que sa vie était en danger.

Elle ajoute que les policiers anti-émeutes « ne tolèrent pas de manifestants à deux pieds d'eux », alors qu'elle se trouvait « à deux pouces » des gens qu'elle a poivrés. « C'était une manœuvre très efficace » dans le cadre d'une manœuvre de dispersion, argumente-t-elle.

« C'est sûr que je n'irai pas de main morte »

Après avoir pris un congé de maladie de trois mois, Stéfanie Trudeau a réintégré le SPVM, mais s'est rapidement trouvée mêlée à une nouvelle controverse en raison d'une autre intervention musclée contre des résidents du Plateau-Mont-Royal, qui a aussi été filmée et largement diffusée.

Là encore, elle plaide que l'extrait diffusé par les médias n'offre pas une vue d'ensemble de ce qui s'est produit. « Je fais 5 pieds 6 pouces, 175 livres, faut que je me batte avec des hommes. C'est sûr que je n'irai pas de main morte », soutient-elle.

Elle ajoute qu'il n'y a aucun risque à prendre pour un policier qui est confronté à la possibilité d'être désarmé. « C'est moi qui étais la loi. J'avais des ordres, et fallait obéir aux ordres », ajoute-t-elle.

Stéfanie Trudeau déplore d'ailleurs que les citoyens au cœur de cette intervention n'aient pas été accusés dans cette affaire. « Ils ont enlevé les accusations sur eux pour les mettre sur moi pour qu'ils parlent aux affaires internes », fait-elle valoir.

La policière ne s'excuse pas davantage pour les propos orduriers qu'elle a tenus à l'endroit des citoyens à l'origine de l'intervention, puisqu'ils étaient extraits d'une conversation téléphonique privée avec sa conjointe. « C'est malheureux que ça ait été diffusé. Les gens n'auraient jamais dû entendre ça », laisse-telle tomber.

Mme Trudeau se défend par ailleurs d'avoir eu la mèche trop courte pour être policière. « J'étais quelqu'un de patiente, capable de résoudre un conflit assez facilement », argue-t-elle, en soulignant n'avoir eu aucun problème dans ses 18 premières années de service.

L'écriture de son livre maintenant en librairie a été une « sorte de thérapie », admet aujourd'hui Stéfanie Trudeau. « Juste le fait de parler aux gens, de leur expliquer un autre côté de la médaille, ça fait du bien, c'est sûr ».

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