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Stephen Harper a-t-il raison sur le bilan financier des libéraux? L'épreuve des faits

Le chef conservateur s'est attaqué aux libéraux en affirmant qu'ils avaient perdu le contrôle du déficit lorsque Paul Martin était ministre des Finances. A-t-il raison?

Un texte d'Olivier Bachand

Vérification faite, il a tort.

Le Parti libéral du Canada (PLC) a pris le pouvoir fin 1993, après neuf années de déficit sous la gouverne du Parti progressiste-conservateur.

Paul Martin, le ministre des Finances de Jean Chrétien, a écrit ses trois premiers budgets à l'encre rouge. Le Parti libéral a ensuite redressé les finances du pays et présenté neuf budgets excédentaires consécutifs.

Au net, lors de leur dernier passage au pouvoir, qui s'est achevé en 2006, les libéraux ont présenté 12 budgets et dégagé des surplus de 6,3 milliards de dollars.

Et le bilan conservateur?

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En comparaison, les conservateurs de Stephen Harper ont présenté 10 budgets, dont 7 déficitaires, pour un manque à gagner total de 121,9 milliards de dollars d'ici la fin de l'année financière. Ce montant tient compte du surplus budgétaire de 1,4 milliard prévu par le gouvernement pour l'année en cours et qui est remis en cause par le directeur parlementaire du budget.

Il est important de préciser que le gouvernement Harper a dû traverser la crise financière mondiale qui a débuté en 2008 et qui a engendré une récession. Les conservateurs ont aussi choisi d'investir des milliards de dollars en infrastructures, afin de relancer l'économie.

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Des hausses de taxes et d'impôts pendant l'ère Chrétien-Martin?

Après avoir accusé les libéraux d'avoir « perdu le contrôle du déficit », Stephen Harper a aussi déploré la façon dont le gouvernement Chrétien a réussi à équilibrer les finances publiques en 1997-1998.

Cette affirmation n'est vraie qu'en partie.

Les libéraux ont en effet réduit certains avantages fiscaux et haussé les taxes sur l'essence et le tabac. Ils ont aussi utilisé les surplus de la caisse d'assurance-emploi pour rétablir l'équilibre budgétaire.

Cependant, c'est surtout en réduisant les dépenses qu'ils sont parvenus à leurs fins. Dans le premier budget présenté par Paul Martin en 1995, le gouvernement annonçait son objectif d'épargner 29 milliards de dollars en 3 ans. « Les économies proviennent principalement de 25,3 milliards de dollars de réductions cumulatives des dépenses », peut-on lire dans le document.

Les dépenses de programmes ont été réduites de 17 milliards de dollars de 1993-1994 à 1996-1997. Elles sont ainsi passées de 121,8 milliards de dollars à 104,8 milliards de dollars, soit une baisse de près de 14 %. Elles ont recommencé à croître par la suite.

Le gouvernement Chrétien a aussi effectué d'importantes compressions dans les transferts aux provinces destinés à couvrir les coûts du système de santé, des services sociaux et de l'éducation postsecondaire. L'enveloppe pour les provinces est passée de 18,9 milliards de dollars en 1993-1994 à 12,5 milliards de dollars en 1997-1998, une diminution de 34 %.

Avec le retour de surplus budgétaires importants au tournant des années 2000, les libéraux ont choisi de réduire les impôts des particuliers et des entreprises.

Par ailleurs, ils n'ont donc jamais rempli leur promesse d'abolir la taxe sur les produits et services (TPS), introduite en 1991 par le gouvernement progressiste-conservateur de Brian Mulroney.

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