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Streit Group aurait vendu des blindés à des criminels

Déjà sur la sellette pour avoir vendu des véhicules blindés à des pays africains ravagés par la guerre, le fabricant de véhicules militaires canadiens Streit Group se trouve à nouveau dans le pétrin, cette fois pour avoir collaboré avec des criminels.

Selon CBC, la compagnie basée à Innisfil, en Ontario, a vendu ou modifié des véhicules au profit des frères Bacon, membres d'un gang de rue de la région de Vancouver, et de Francesco Del Balso, lieutenant du défunt mafieux montréalais Vito Rizzuto.

Les frères Bacon, impliqués dans une série de meurtres et dans des opérations de trafic de stupéfiants en Colombie-Britannique, ont fait appel aux services de Streit Group pour ajouter des plaques blindées sur une BMW qu'ils louaient. Ce véhicule a été saisi par la police en 2009.

Francesco Del Balso, qui a été condamné à 15 ans de prison pour gangstérisme et complot pour importation de cocaïne dans la foulée de l'opération Colisée, a pour sa part acheté deux véhicules utilitaires sport blindés - un Nissan Armada et un Toyota 4Runner - à la compagnie à la fin de 2006.

Un porte-parole de Streit Group a refusé de commenter ces informations, malgré des appels répétés de CBC.

Le ministère des Affaires étrangères, qui soutenait il y a à peine plus d'un an que Streit Group était un « manufacturier de classe mondiale », n'a pas voulu commenter la situation non plus.

Le ministère refuse également de dire si Streit Group a profité d'un programme de 50 millions de dollars destiné à soutenir les exportations de compagnies canadiennes.
Ce silence indigne la porte-parole du Nouveau Parti démocratique en matière d'affaires étrangères Hélène Laverdière.

La Gendarmerie royale du Canada est également demeurée muette lorsqu'on lui a demandé si elle s'intéressait aux opérations de la compagnie au Canada.

Des ventes à l'étranger critiquées par l'ONU

La police fédérale a fait savoir cet été qu'elle examinait la décision de Streit Group de vendre des véhicules blindés à la Libye et au Soudan du Sud par l'entremise de sa filiale basée aux Émirats arabes unis. Elle refuse cependant de dire si une enquête en règle est en cours.

Au cours des derniers mois, un comité de l'ONU faisant le suivi de sanctions concernant des armes imposées à certains individus du Soudan du Sud a critiqué Streit Group pour avoir livré 173 véhicules de type Cougar et Typhoon dans le pays.

Des documents obtenus par CBC ont montré que les véhicules, officiellement destinés aux forces policières, ont plutôt été signés par le major général Akol Koor Kuc, du ministère de la Défense. Des photos obtenues par le réseau montrent que certains d'entre eux ont ensuite été équipés de mitrailleuses et utilisés par l'armée.

La vente d'équipements effectuée sous de faux motifs, alors qu'ils sont en fait destinés à être utilisés dans des zones de conflit, est considérée comme une manœuvre de « détournement », et constitue une violation du droit international.

Un autre comité de l'ONU a épinglé Streit Group pour avoir livré 131 véhicules de transport en Libye en 2012. Le comité a dénoncé ce « transfert illicite » et a accusé l'entreprise et les Émirats arabes unis d'avoir violé un embargo sur les armes adopté par l'ONU dans la foulée de la chute de Mouammar Kadhafi.

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