Peyton Manning et Cam Newton ont très peu de points en commun. Les similitudes entre les deux ténors qui s'affronteront dans le cadre du Super Bowl 50 se dénombrent au compte-gouttes.

Un texte de Félix St-Aubin

D'un côté, on retrouve une légende qui en est fort probablement à son dernier tour de piste et qui veut clore son illustre carrière avec une seconde bague du Super Bowl. De l'autre, on aperçoit un jeune prodige unique en son genre qui désire devenir le 32e quart-arrière partant à décrocher les grands honneurs.

Le vénérable Manning contre l'exubérant Newton. La confrontation de dimanche est en quelque sorte un choc des générations.

Les contrastes sont flagrants entre les deux meneurs de jeu. Manning est tout ce qu'il y a de conventionnel comme pivot. Sa pochette protectrice est son bureau, il n'aime pas en sortir et lorsqu'il est dans l'obligation d'utiliser ses jambes, la plupart du temps cela n'augure rien de bon.

Newton, à l'inverse, affectionne les courses et les feintes de remise aux demis offensifs. Son bras canon jumelé à sa vitesse bien au-dessus de la moyenne, toutes positions confondues, font de lui une double menace pour ses adversaires.

Celui qui porte le surnom de « SuperCam » a une charpente et des habiletés hors-normes pour un quart.

Sa taille (6 pi 5 po, 1,96 m) est identique à celle de J.J Watt, le meilleur ailier défensif de la NFL, tandis que son poids (245 lb, 111 kg) est supérieur à la majorité des secondeurs intérieurs du circuit Goodell. Sur le plan des aptitudes physiques, Newton est plus rapide sur 40 verges que Le'Veon Bell, un des meilleurs porteurs de ballon de la Ligue, et est en mesure de sauter plus haut que le receveur A.J. Green, une référence à sa position.

Le vainqueur du trophée Heisman en 2010 collectionne les touchés par la voie des airs (117) et au sol (43) depuis l'amorce de sa carrière professionnelle, en 2011.

« Il a réussi une saison incroyable, a admis Manning. Ce qu'il a fait en une si courte période de temps est impressionnant. C'est un bon passeur, un bon coureur et un grand patron pour son équipe. »

Il s'agit d'un défi colossal pour l'unité défensive de Wade Phillips, qui a toutefois prouvé sa valeur au cours des derniers mois.

Une métamorphose complète

En deux ans, les Broncos sont passés d'une retentissante attaque à une défense punitive. Le directeur général John Elway s'est inspiré des Seahawks de Seattle à la suite de la débâcle de 43-8 survenue lors du 48e Super Bowl.

Elway a mis sous contrat trois joueurs de renom quelques mois après avoir essuyé le cuisant revers. Aqib Talib, T.J. Ward et DeMarcus Ware se sont greffés à Chris Harris fils, Von Miller, Danny Trevathan et Derek Wolfe, pour ainsi former un bataillon étoile.

Ce groupe a poussé dans la même direction en 2015 et s'est hissé au sommet de la NFL pour les verges allouées par rencontre (283,1) et au 4e rang pour les points accordés par match (18,5).

D'ailleurs, la défense des Broncos se situe respectivement aux 1er et 3e échelons sur les plans des verges aériennes (199,6) et terrestres (83,6). L'unité qui a dominé la NFL au chapitre des sacs en saison avec un total de 52 n'a pas de faille apparente.

Les Panthers ne sont pas en reste. La ligne défensive composée de Charles Johnson, Star Lotulelei, Kawann Short et Jared Allen a de quoi donner des cauchemars à Manning.

Et c'est sans oublier les secondeurs vedettes Luke Kuechly et Thomas Davis, tout comme le demi de coin émérite Josh Norman. La Caroline n'a rien à envier à ses rivaux des Rocheuses.

Kuechly est l'emblème de la défense des Panthers. Tout au long de la semaine précédant le Super Bowl, le principal intéressé s'est attiré les éloges de ses coéquipiers.

« Sur le terrain, il se transforme. Il devient Capitaine America et il sauve tout le monde, a raconté Norman. C'est comme s'il avait un interrupteur. »

« Côtoyer Luke fait de moi une meilleure personne, a pour sa part déclaré Newton. J'ai rarement vu des personnes dont la préparation, le jeu et le talent m'aident à être encore meilleur. Lorsque je vois Luke et tout ce qu'il fait pour se préparer, puis il livre la marchandise sur le terrain, ça m'encourage à travailler encore plus fort. »

Le joueur défensif par excellence en 2013 a enregistré plus de plaqués (591) que quiconque dans la NFL depuis que les Panthers l'ont sélectionné au 1er tour, 9e au total, au repêchage de 2012.

Dimanche, il aura assurément pour mandat de neutraliser le jeu au sol des Broncos, ce qui obligerait les représentants de l'Américaine à s'en remettre au bras de Manning.

Surnommé le « Shérif », Manning, devra limiter les revirements, comme il l'a si bien fait contre les Steelers de Pittsburgh (0) et les Patriots de la Nouvelle-Angleterre (1).

La tâche s'annonce ardue contre une formation qui a longtemps flirté avec la perfection, mais pas impossible. Une bonne tenue de la défense et un jeu au sol qui amasse sa part de verges enlèveraient beaucoup de pression sur les épaules du vétéran de 39 ans.

Et qui sait, peut-être que le maître d'orchestre a prévu un dernier chef-d'oeuvre avant de tirer sa révérence. Une dernière symphonie qui saura le placer aux côtés de ses distingués homologues Terry Bradshaw, Tom Brady et Joe Montana.

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