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Surdoses de fentanyl chez des gardiens de prison en Alberta

Des gardiens de prison en Alberta ont été victimes de surdoses de fentanyl après être entrés en contact avec le puissant opioïde au cours de fouilles. Sept gardiens ont été exposés au fentanyl au cours des dernières semaines en Alberta. Au moins L'un d'entre eux a dû être traité à l'hôpital.

Au cours des trois dernières semaines, sept gardiens, dans deux prisons différentes, ont été exposés à cette drogue hautement toxique. Trois ont été hospitalisés après que de la naloxone, un médicament utilisé pour traiter les surdoses d'opioïdes, leur eut été administrée, selon le Syndicat des agents correctionnels du Canada.

Un agent de la prison de Bowden envoyé à l'hôpital

Le dernier incident a eu lieu au centre correctionnel de Bowden le 21 juillet, lorsqu'un gardien effectuait une fouille dans un véhicule stationné à la prison.

Malgré le port d'un masque et de gants de type chirurgical, le gardien, âgé de 20 ans, aurait été exposé au fentanyl, un opioïde 100 fois plus puissant que l'héroïne.

Des collègues lui ont administré de la naloxone après que l’agent eut perdu connaissance. Les services d’urgence de l’Alberta (EMS) ont confirmé qu'un agent de prison avait été hospitalisé à Innisfail.

Du fentanyl envoyé aux détenus par courrier

Au cours du dernier mois, six agents ont été exposés à ce qu’ils croient être du fentanyl lors de recherches effectuées dans du courrier des détenus à la prison d’Edmonton.

Au moins deux doses de naloxone ont été administrées et deux agents ont été hospitalisés, selon Ryan DeBack, vice-président du Syndicat des agents correctionnels du Canada.

En juin, les agents ont intercepté un envoi de fentanyl d'une valeur de 13 000 $ destiné à un détenu de la prison d'Edmonton.

« C'est une drogue très répandue, elle est partout. Et, malheureusement, notre clientèle n'est pas exactement reconnue pour son jugement. » déplore M. DeBack.

Nouveau protocole de fentanyl dans les prisons

D'après son vice-président, le syndicat travaille avec les Services correctionnels du Canada pour mettre en œuvre des pratiques et des politiques qui atténueront les risques auxquels font face les agents.

Les Services correctionnels ont refusé de faire une entrevue. L’organisme a toutefois fourni une déclaration écrite à CBC indiquant que la sécurité des employés est une « priorité fondamentale ».

Les Services correctionnels affirment avoir publié un protocole le mois dernier auprès de leur personnel de première ligne chargé de la manutention, du stockage, de tests effectués sur la substance et de l'élimination du fentanyl.

Le protocole exige que le personnel de première ligne porte des gants en latex, des masques de type chirurgical et des lunettes de sécurité.

Comment faire le travail efficacement?

Ryan DeBack considère que le Narcan doit être plus accessible aux agents. Il est aussi d’avis qu’il devrait y avoir moins de pression sur les agents pour mener des fouilles rapides. Cela pourrait contribuer à créer un environnement de travail plus sécuritaire, selon lui.

Le fentanyl est si puissant qu’une dose de la taille d’un ou deux grains de sable peut être fatale. Il est souvent mélangé avec d'autres médicaments et il peut être absorbé par la peau.

Le personnel des pénitenciers est donc soumis à un ensemble de facteurs de risques potentiellement mortels.

Comme il est impossible de prédire où se trouve le fentanyl, il est aussi difficile d'évaluer les situations qui devraient nécessiter des fouilles plus méthodiques et des équipements de sécurité supplémentaires.

« Comment faire efficacement notre travail, comment protéger les détenus et le public canadien sans être gravement blessés ou pire » demande Ryan DeBack.

Selon lui, les agents ne peuvent tout simplement pas faire leur travail en portant constamment des combinaisons de protection ou des tenues d'intervention contre les produits biologiques.

D'après les informations de Meghan Grant

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