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Surendettés et floués par Petit Cochon rose

L'entreprise de consolidation de dettes Petit Cochon rose, aussi connue sous le nom de Groupe Solution2, a entaché le dossier de crédit de clients plutôt que de les aider.

Un texte de Mélissa Pelletier à La facture

Annie Jean avait des soldes de 25 000 $ sur trois cartes de crédit. Elle a voulu payer ses dettes, et s'est adressée à Petit Cochon rose. L'entreprise lui a dit qu'elle allait prendre une entente de paiement en son nom avec ses créanciers.

Annie Jean aurait pu passer par sa banque pour faire une consolidation de dettes. Sa cote de crédit était bonne, et seul son ratio d'endettement était élevé. Mais les paiements proposés par Petit Cochon rose lui donnaient plus de liquidités à la fin du mois. De plus, l'entreprise lui a promis que tout ce processus ne nuirait pas à son crédit.

Des promesses non tenues

La façon de faire de Petit Cochon rose n'est pas sans conséquence. Les personnes signent un contrat. Dans ce contrat, on échelonne les paiements mensuels sur une période déterminée, pouvant aller jusqu'à 10 ans. On dit au client de ne plus payer ses créanciers, car Petit Cochon rose va s'en charger.

Annie Jean a suivi les instructions. Elle a arrêté de rembourser ses cartes de crédit et a plutôt payé Petit Cochon rose. L'entente entre Petit Cochon rose et les créanciers ne s'est jamais concrétisée. Du coup, cela a eu des répercussions sur le dossier de crédit d'Annie Jean. Ses créanciers n'ont pas tardé à lui demander de payer ses comptes, et ils lui ont rappelé qu'elle devait traiter directement avec eux.

Pour Sylvie De Bellefeuille, avocate et conseillère chez Option consommateurs, Petit Cochon rose n'a pas respecté les termes de son contrat. « Il y a un engagement de Petit Cochon rose de négocier et de communiquer avec les créanciers. S'ils ne le font pas, ils n'ont pas rempli leur part du contrat, les promesses qu'ils avaient faites au consommateur. »

Selon nos recherches, bon nombre de banques et de fournisseurs de services refusent de négocier des ententes avec des entreprises de règlement de dettes comme Petit Cochon rose. Les fournisseurs et autres créanciers préfèrent faire affaire directement avec leurs clients. Donc, toute tentative d'entente entre des créanciers et une entreprise comme Petit Cochon rose semble vaine.

Payer pour s'endetter davantage

Annie Jean a dû résilier son contrat. Elle a perdu l'acompte de 1600 $ qu'elle avait donné à Petit Cochon rose, ainsi que les deux premières mensualités de 265 $. Petit Cochon rose considère ces sommes comme des honoraires.

Le crédit d'Annie Jean s'est enlisé et elle a dû rencontrer un syndic de faillite. Son aventure avec Petit Cochon rose l'a amenée à déposer une proposition de consommateur. Il s'agit d'une offre faite aux créanciers dans le but de régler les dettes et éviter la faillite.

Annie Jean n'est pas la seule dans ce cas. De nombreux clients de Petit Cochon rose à qui nous avons parlé ont vécu la même situation que Mme Jean. Après bien des promesses, ils se retrouvent avec un dossier de crédit démoli.

L'Alberta, le Manitoba, l'Ontario, la Nouvelle-Écosse et l'Île-du-Prince-Édouard encadrent la pratique des compagnies privées qui offrent des services de consolidation de dettes. Il faut un permis de pratique, et les honoraires sont réglementés.

Au Québec, il y a près d'un an, l'Office de la protection du consommateur a entrepris des consultations auprès des associations de consommateurs dans le but de proposer des changements législatifs.

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