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Syrte « libérée à 70 % » de l'État islamique, selon les autorités libyennes

L'offensive des milices fidèles au gouvernement libyen d'union nationale contre le groupe armé État islamique (EI) à Syrte s'est poursuivie jeudi, au lendemain d'avancées importantes enregistrées la veille.

Après plusieurs semaines d'intenses combats, les milices ont notamment réussi à s'emparer mercredi du Centre de conférence Ouagadougou, devenu le quartier général de l'EI après leur arrivée dans la ville, dans les premiers mois de 2015.

L'hôpital Ibn Sina, le campus de l'université de Syrte et des bâtiments de la Banque al-Wahda et de la Banque Nationale du Commerce ont également été repris aux mains des djihadistes.

« La bataille de Syrte a atteint sa phase ultime, après l'offensive réussie par nos héros », a triomphalement déclaré le général Mohamad Al-Ghassri, porte-parole des forces du gouvernement à l'agence de presse Lana.

« Syrte est libérée à 70 %. Bientôt elle sera libérée complètement », a pour sa part prophétisé le maire de Syrte, Mokhtar Khalifa. Selon lui, tous les quartiers est et sud de la ville ont été libérés.

Des soldats ont été filmés par plusieurs chaînes de télévision alors qu'ils brandissaient le drapeau libyen et se laissaient photographier, victorieux, en « zones libérées ».

L'agence Lana rapporte également que les forces gouvernementales libyennes ont brûlé les drapeaux de l'EI pour les remplacer par ceux de la Libye.

Les djihadistes sont maintenant confinés à trois quartiers résidentiels et à un complexe de villas sur la côte méditerranéenne de la ville, a précisé le porte-parole du centre de presse, Reda Issa, qui évoque aussi une « phase décisive » de la bataille.

Selon lui, l'EI dispose toujours de centaines de combattants à ces endroits.

Une victoire des milices gouvernementales, essentiellement composées de brigades de la ville de Misrata, pourrait porter un dur coup à l'EI. Syrte est la seule ville où l'organisation islamiste a réussi à prendre pied en Libye.

Les forces libyennes poursuivent leur progression à un rythme beaucoup plus rapide qu'au début de l'offensive, alors qu'elles étaient constamment ralenties par des contre-attaques de l'EI.

Lourdes pertes humaines

Au moins 20 djihadistes ont été retrouvés morts après les combats menés pour reprendre le campus de l'université de Syrte.

Le total des combattants rebelles tués n'a cependant pas été dévoilé par le centre de presse des forces progouvernementales.

Le bilan des pertes dans leurs rangs s'élève quant à lui à plus de 16 morts dans les combats de la veille. Près d'une centaine de blessés ont aussi été admis à l'hôpital, « certains dans un état grave ».

Au total, plus de 300 combattants progouvernementaux ont péri et 1500 ont été blessés depuis le début de l'offensive de Syrte.

Les Occidentaux en renfort

Entreprise le 9 juin, l'offensive des forces libyennes s'était rapidement enlisée, semant le doute sur l'issue des combats. Leur percée survient une semaine après que les forces aériennes américaines se furent jointes à la bataille.

Des membres des forces spéciales américaines sont également sur le terrain à Syrte pour appuyer les milices libyennes, et aider à guider les frappes de l'armée de l'air, a révélé mercredi le Washington Post, citant des responsables américains.

Les médias italiens rapportent également cette semaine que des dizaines de militaires sont présents en Libye depuis le début de la semaine dernière, des informations que refuse de confirmer le gouvernement italien.

Plus tôt ce printemps, des médias britanniques et français avaient aussi révélé que des forces secrètes de leur pays respectif étaient présentes en sol libyen, plongeant Paris et Londres dans l'embarras.

État islamique, le règne de la terreur

La présence de ces troupes étrangères s'avère délicate pour le premier ministre du gouvernement d'union nationale, Fayez Al-Sarraj, qui est soutenu par les pays occidentaux, mais qui demeure contesté. Des mouvements islamistes refusent notamment toute alliance avec les Occidentaux.

En juillet, M. Al-Sarraj avait d'ailleurs été plongé dans l'embarras lorsque trois militaires français de la Direction générale de la sécurité extérieure sont morts dans un écrasement d'hélicoptère près de Benghazi. Une milice islamiste locale s'était félicitée de l'avoir abattu.

En annonçant aux Libyens qu'il avait appelé l'armée américaine à l'aide à Syrte, il s'était fait fort de préciser que cette intervention serait limitée.

Mercredi encore, malgré les révélations des journaux étrangers, il a réaffirmé que son gouvernement n'avait « pas besoin de troupes étrangères sur son sol », dans une entrevue accordée au quotidien italien Corriere della Serra.

« J'ai demandé seulement l'intervention avec des attaques aériennes qui doivent être très chirurgicales et limitées dans le temps et les zones géographiques », a-t-il assuré.

Une victoire des milices qui ont prêté allégeance à son gouvernement pourrait cependant permettre à M. Al-Farraj d'asseoir son autorité sur l'ensemble du pays, et relancer le secteur pétrolier, essentiel pour l'économie.

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