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Taux d'explosivité de méthane : Pétrolia n'a pas avisé la Ville de Gaspé comme l'exige Québec

Pétrolia n'a pas avisé la Ville de Gaspé d'un important dépassement de la limite permise d'explosivité du méthane près du puits d'exploration Haldimand numéro 1, même si les règles environnementales provinciales exigent de le faire.

Selon une analyse du ministère de l'Environnement dont Radio-Canada a obtenu copie, le niveau d'explosivité du méthane atteignait 73 % en septembre 2016 au puits d'observation d'eau souterraine, à proximité du puits d'exploration Haldimand numéro 1, alors que la limite tolérée est de 10 %.

Dans ce cas-ci, il s'agit de méthane thermogénique, donc provenant d'hydrocarbures.

Dès ce moment, Pétrolia aurait dû aviser sur-le-champ la Ville de Gaspé, assurer avec elle la sécurité des bâtiments et évaluer la qualité de l'eau potable des puits résidentiels dans un rayon de un kilomètre.

Ces exigences sont dictées par les lignes directrices provisoires sur l'exploitation gazière et pétrolière.

Mais la Ville affirme qu'elle n'a jamais été contactée par Pétrolia à ce sujet. « On n'est pas au courant de rien, Gaspé sert un peu de cobaye, commente Daniel Côté, maire de Gaspé. C'est de l'improvisation à chaque fois qu'il arrive un élément. »

Lise Chartrand, présidente d'Ensemble pour l'avenir durable du Grand Gaspé, partage l’avis du maire.

« C'est sûr que c'est un manque de transparence, de ne pas avoir justement avisé la municipalité avec qui l'entreprise travaille en collaboration depuis bientôt plusieurs années. Je crois que c'est depuis 2005 », déplore-t-elle.

D'ailleurs, le ministère québécois de l'Environnement a rappelé en mars dernier à Pétrolia les exigences imposées par Québec.

Même si les lignes directrices provisoires sur l'exploitation gazière et pétrolière n'ont pas force de loi, Pétrolia pourrait difficilement ne pas les respecter, estime le juriste Richard Langelier.

« La loi sur la qualité de l'environnement est très précise, mentionne-t-il. Elle interdit de rejeter dans l'environnement des contaminants et le méthane est considéré comme un contaminant. Donc à partir du moment où le ministère du Développement durable exige des corrections, bien le fait de ne pas se soumettre à cette exigence-là, ça constitue une infraction. »

Par courriel, Pétrolia explique qu'elle s'est engagée auprès du ministère québécois de l'Environnement à réaliser les analyses nécessaires et à lui fournir un rapport d'ici la fin de l'année, ce qui répond, selon la société, aux exigences de Québec.

Le ministère de l'Environnement n'a toujours pas répondu aux questions de Radio-Canada dans ce dossier.

D’après le reportage de Martin Toulgoat

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