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« Taxe rose » : les femmes paient-elles le prix d'être des femmes?

Les produits qui s'adressent aux femmes coûtent-ils plus cher que leurs équivalents destinés aux hommes? Depuis quelques années, on parle beaucoup de cette fameuse taxe rose qui serait discriminatoire envers les femmes. Existe-t-elle vraiment?

Un texte d'Olivier Bachand

Pourquoi une femme paie-t-elle plus cher qu'un homme pour s'acheter des jeans, des lames de rasoir ou du shampooing?

La Ville de New York s'est posé la question et a trouvé une réponse : les femmes font les frais d'une « taxe rose » imposée par les détaillants et l'industrie, qui n'ont pas de scrupules à leur vendre des produits plus cher qu'aux hommes.

Dans une étude publiée en décembre dernier, le Department of Consumer Affairs de New York a analysé les prix de près de 800 produits équivalents ayant des versions spécifiques pour hommes et pour femmes. Le constat est sans appel.

Dans 42 % des cas, les produits dédiés aux femmes étaient plus chers que ceux dédiés aux hommes. En moyenne, les consommatrices doivent payer une facture 7 % plus élevée que leurs homologues masculins pour acheter des produits similaires.

Et les femmes devaient payer davantage que les hommes dans chacune des cinq catégories de biens étudiées.

Certains exemples sont frappants, surtout en ce qui concerne les jouets pour enfants. Ainsi, une trottinette rouge pour garçon était vendue deux fois moins cher que le modèle rose destiné aux filles.

Pas de preuve d'une taxe rose, dit la France

La France s'est aussi penchée sur la situation après la montée aux barricades d'un groupe féministe, le Collectif Georgette Sand, qui dénonçait l'existence d'une taxe rose, et à la suite d'enquêtes de certains médias.

Le ministère de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique et l'Institut national de la consommation ont produit un rapport remis au Parlement français en décembre dernier.

Les prix de trois familles de produits, soit les rasoirs, les déodorants et les crèmes hydratantes, ont été étudiés dans plus de 7000 supermarchés.

Les auteurs du rapport ont toutefois été incapables d'établir que les prix fixés pour les produits féminins étaient gonflés par une taxe rose. « Au travers des relevés de prix effectués, il apparaît que des différences de prix existent tour à tour sur les produits destinés aux femmes et sur les produits destinés aux hommes. Il est impossible d'en déduire une règle générale de surcoût aux dépens d'un des sexes. »

Trois types de services, soit les prestations de déménagement, le dépannage automobile et la serrurerie ont aussi été analysés. Là encore, impossible d'établir que des prix discriminatoires avaient été fixés pour les femmes.

Après le dépôt du rapport, le Collectif Georgette Sand a dit souhaiter qu'une future étude se penche sur les tarifs dans les salons de coiffure et chez le nettoyeur, ou au pressing, comme le disent les Français.

En France comme ici, une simple visite dans ces établissements permet de constater que les femmes doivent payer plus cher que les hommes pour des services comparables.

L'exemple californien

Pour sa part, la Californie est convaincue depuis bien longtemps de l'existence d'une taxe rose.

En 1995, l'État de la côte ouest américaine a légiféré pour interdire la discrimination en matière de prix selon le sexe du consommateur. La loi s'applique toutefois uniquement aux services et non aux produits. Une réglementation similaire est en vigueur à New York.

Au Canada, aucune loi du genre n'a été adoptée.

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