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Tensions autour de la nourriture avant l'émeute meurtrière au Pénitencier de la Saskatchewan

Des tensions entourant les portions de nourriture sont survenues dans les jours précédant l'émeute qui a fait un mort et au moins huit autres blessés au Pénitencier de la Saskatchewan, à Prince Albert, mercredi soir.

Le représentant du Syndicat des agents correctionnels du Canada pour les Prairies, James Bloomfield, note que la confrontation a commencé vers 13 h, juste après l'heure du dîner.

« Quelques jours avant, à peu près une semaine avant, il y avait des inquiétudes autour de la nourriture et dans la cuisine où travaillent les détenus. Ça a causé une modification de la routine parce qu’ils refusaient d’aller au travail », explique-t-il.

Il y’avait beaucoup de tensions autour de la grosseur des portions des repas.

James Bloomfield, représentant du Syndicat des agents correctionnels du Canada pour les Prairies

Un seul facteur rarement en cause

L’ombudsman des services correctionnels du Canada, Howard Sapers, affirme qu’il reste beaucoup à faire avant de se prononcer sur les causes de l’émeute.

« La nourriture et les services alimentaires, c’est important, pas juste en matière de santé et de nutrition, mais aussi pour normaliser l’environnement », explique-t-il. Or, selon son expérience, un seul facteur est rarement en cause dans les enjeux concernant des détenus.

Il souligne que le système carcéral est en transformation, ce qui peut créer un certain chaos au sein des établissements, notamment en raison de nouvelles constructions et de transferts involontaires de détenus.

La surpopulation crée des tensions, selon un criminologue

De son côté, le criminologue et chargé de cours à l'Université de Saint-Boniface, Jean-Claude Bernhein, croit que la surpopulation carcérale peut en partie expliquer ce genre de débordement.

Ce qu’on voit, c’est qu’avec la surpopulation, la promiscuité, les relations interpersonnelles sont tendues.

Jean-Claude Bernhein, criminologue et chargé de cours à l'Université de Saint-Boniface.

M. Bernheim note aussi l’impact des compressions dans les services des pénitenciers et des prisons. « Les détenus ont moins d’activités, moins accès à une occupation qui va faire en sorte qu’ils vont se sentir des individus. »

Selon lui, il revient aux gouvernements provinciaux et fédéral de réévaluer le rôle des pénitenciers et des prisons dans la société. « La question qu’on devrait se poser, c’est est-ce utile de mettre ces gens-là en prison? Est-ce qu’il n’y aurait pas d’autres moyens de faire? » , demande-t-il.

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