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Terrorisme : un homme de Calgary emprisonné en Algérie depuis presque un an

Un Calgarien qui fait face à des accusations de terrorisme en Algérie pourrait faire face à 20 ans de prison.

Abderrahmane Ghanem, 30 ans, qui a aussi la citoyenneté algérienne, est présentement détenu en Algérie à la prison El-Harrach. Il est accusé de faire partie d’un groupe terroriste à l’extérieur de l’Algérie.

Il a été arrêté lors d’un voyage avec sa famille dans le pays il y a presque un an.

« [Les autorités algériennes] nous ont demandé “qui est Abderrahmane Ghanem?” Il a répondu et ils ont dit “nous avons besoin de te parler un instant”. Ils nous ont dit d’attendre », relate son père Mohamed Ghanem. Ses proches ne l’ont pas depuis.

La famille Ghanem s’est installée à Calgary à la fin des années 1990.

« Il a commencé à changer un peu »

En 2010, Abderrahmane Ghanem a commencé à fréquenter un groupe d’hommes à la mosquée du centre-ville de Calgary. « Il a commencé à changer un peu. Il parlait moins, ne jouais plus au soccer. Il est devenu moins actif », souligne son père.

Le petit groupe d’hommes avec qui il étudiait est graduellement parti pour aller combattre en Iraq et en Syrie à partir de la fin de 2012.

Abderrahmane Ghanem est parti, lui aussi, pour l'Égypte. Il a hébergé les frères Gregory et Colling Gordon qui étaient membres du groupe d'étude à Calgary, lesquels sont morts au combat en Syrie.

Les parents et l’avocat d’Abderrahmane Ghanem, Gary Caroline, disent que ce dernier n'est jamais allé combattre.

M. Caroline souligne que son client a été interrogé à de nombreuses reprises par des agents du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), mais aucune accusation n’a été déposée contre lui.

« Ils n’ont pas de preuve contre lui. Ce n’est pas contre la loi de se tenir avec des gens qui ont de mauvaises idées », explique l’avocat.

Il croit que le SRCS a partagé des informations critiques avec l'Algérie, ce qui a entraîné la détention de M. Ghanem.

Lorsqu'interrogée à ce sujet, la porte-parole du SCRS, Tahera Mufti, a indiqué que l'agence de renseignement ne divulgue pas les détails des informations qu'elle échange ou l'identité des organismes étrangers avec lesquels elle a des partenariats.

« Le partage de l'information du SCRS avec des partenaires étrangers est mené en stricte conformité avec la Loi sur le SCRS, les orientations ministérielles et un système solide de politiques et de procédures internes, » insiste-t-elle.

Contact avec les autorités algériennes

Omar Alghabra, le secrétaire parlementaire aux affaires consulaires du Canada, a refusé la demande d’entrevue de CBC.

Dans un communiqué, il souligne que les « fonctionnaires ont été actifs dans ce dossier et ont été en contact avec les autorités algériennes pour s’assurer que le bien-être et les droits sont protégés ». « Nous sommes également en contact avec son équipe juridique canadienne », ajoute-t-il.

Mohamed Ghanem nie que son fils ait déjà rejoint un groupe terroriste et insiste sur le fait qu'il n'a jamais commis de crime. « Il est puni pour les actions des autres », a-t-il déclaré.

Il dit que son fils est prêt à revenir au Canada. « Si cela veut dire avoir un procès au Canada, c’est bien », estime Mohamed Ghanem.

Le procès d’Abderrahmane Ghanem doit débuter le mois prochain en Algérie.

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