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Tête-à-tête sur les bagarres dans la LHJMQ

Dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec, comme dans la LNH, les bagarres sont en baisse. Au rythme actuel cependant, avec un taux de 0,5 bagarre par match, la LHJMQ se dirige vers une saison 2015-2016 qui pourrait tout de même totaliser 315 combats. Le commissaire Gilles Courteau prédit la fin des bagarres dans sa ligue d'ici 5 ans. Il estime que le resserrement des sanctions disciplinaires fait son oeuvre. Le commissaire Gilles Couteau prédit la fin des bagarres dans sa ligue d'ici cinq ans. Il estime que le resserrement des sanctions disciplinaires fait son oeuvre.

Un texte de Gino Harel de l'émission Enquête

Une équipe de l'émission Enquête a présenté un dossier, cette semaine, sur les commotions cérébrales au hockey.

On y révélait entre autres que le nombre de commotions causées par des bagarres dans la LNH avait probablement été sous-évalué au fil des ans.

Dans le cadre de leur enquête, le journaliste Gino Harel et le réalisateur Yanic Lapointe ont également réalisé une longue entrevue avec le commissaire de la LHJMQ, Gilles Courteau, le 22 décembre dernier.

Nous vous proposons ici quelques éléments pertinents de cette entrevue.

Des bagarres encore nombreuses : même le commissaire semble étonné du total

Le commissaire Courteau souligne que les bagarres sont en baisse dans la LHJMQ. La Ligue calcule l'évolution de ses taux de bagarres par match d'année en année.

Nous avons donc demandé à M. Courteau l'état actuel de ce taux. Sa réponse : 0,5 bataille par match.

Ce taux est effectivement moindre qu'il y a quelques années. Or, lorsqu'on utilise ce taux pour faire une projection sur une saison complète de 630 matchs, le résultat équivaut à 315 bagarres.

Un nombre élevé aux yeux du commissaire, qui semblait surpris de ce total.

Vérification faite auprès de la LHJMQ la semaine dernière, les données que nous avons soumises au commissaire lors de l'entrevue étaient justes.

Un lent changement de culture

En 2011, lors d'un débat télévisé à Radio-Canada sur les aspects dangereux du hockey, Gilles Courteau avait déclaré au sujet des bagarres : « Je suis sorti publiquement en disant non, on n'en veut plus de bagarres. [...] Je suis sorti publiquement pour dire que je travaillais pour l'élimination des bagarres ».

Au cours de cette émission, le commissaire ajoutait : « Il faut que vous considériez que depuis trois ans, on procède à un changement de culture. »

Si on fait le calcul à partir des propos de M. Courteau, en 2011, et que nous remontons trois ans en arrière, cela signifie que la LHJMQ travaille à un changement de culture depuis plus de 7 ans.

Nous avons donc demandé au commissaire Courteau où en étaient rendus ses efforts de changement de culture aujourd'hui.

Pourquoi y a-t-il encore des bagarres dans la LHJMQ?

Quatre ans après avoir déclaré qu'il travaillait pour l'élimination des bagarres, nous avons demandé au commissaire Courteau pourquoi il y a encore des bagarres.

Au rythme actuel, il n'y en aura plus dans cinq ans

Nous avons demandé au commissaire de la LHJMQ quelles pistes de solution pourraient être envisagées pour éradiquer les bagarres de la scène du hockey junior québécois.

Il rappelle que toute initiative devrait d'abord être soumise au bureau des gouverneurs de la Ligue.

Au rythme où vont les choses, dans combien d'années pourrait-il ne plus y avoir de bagarres?

Des précautions pour la santé des joueurs

Au-delà des bagarres, notre entrevue avec le commissaire de la LHJMQ a également porté sur les enjeux reliés à la sécurité et la santé des joueurs, particulièrement en matière de commotions cérébrales.

Gilles Courteau rappelle que la Ligue a un programme pour gérer les situations de commotion depuis plus de 10 ans.

Un excellent protocole, affirme le commissaire

Gilles Courteau rappelle que si un joueur subit un coup qui pourrait donner lieu à des symptômes de commotion cérébrale, son équipe le retire complètement de l'action.

La Ligue a aussi mis en place un protocole sur les retours au jeu. M. Courteau précise qu'il y a toujours un médecin sur place, les soirs de match. S'il n'y a pas de médecin, il n'y a pas de match.

Risques à long terme des commotions, une réalité selon Gilles Courteau

Le commissaire de la LHJMQ constate qu'il peut y avoir un lien entre les bagarres et les commotions cérébrales.

M. Courteau précise cependant que le pourcentage statistique est minime, estimant à moins de 5 % les commotions cérébrales qui peuvent être causées par une bagarre.

Quant aux risques à long terme des commotions sur la santé des joueurs, le commissaire est d'avis qu'il y en a.

Le spectre des poursuites judiciaires

La LNH doit aujourd'hui se défendre en cour contre plus d'une centaine de ses anciens joueurs, qui affirment avoir subi de multiples commotions cérébrales au cours de leur carrière.

Ces ex-joueurs reprochent à la Ligue de ne pas les avoir prévenus des risques à long terme pour leur santé.

Cette demande de recours collectif est entendue devant un tribunal américain.

Dans ce contexte, nous avons cru bon d'interpeller le commissaire Courteau sur la possibilité qu'un tel scénario puisse frapper la LHJMQ. La Ligue risque-t-elle un jour de se faire poursuivre à son tour ?

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