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Tony Accurso aurait transmis 270 000 $ à l'ex-maire de Mascouche

L'entrepreneur Tony Accurso se serait servi d'un intermédiaire pour remettre 270 000 $ au défunt maire de Mascouche, Richard Marcotte, en 2008. C'est ce que la poursuite tente de démontrer avec son dernier témoin au procès pour corruption de l'homme d'affaires, au palais de justice de Joliette.

Un texte de Geneviève Garon

Le 30 avril 2008, la société panaméenne Kestrell Assets de Richard Marcotte a reçu 270 000 $ de l’entreprise Verona.

Deux semaines auparavant, cette dernière avait reçu un chèque de 300 000 $ de la part de Simard-Beaudry, une entreprise de l’empire Accurso.

Le chèque, signé de la main de Tony Accurso, a été exhibé aux membres du jury chargé de le juger, vendredi.

Selon le témoignage de la juricomptable Pascale Boutin, qui a clos la preuve de la poursuite, l’argent de Simard-Beaudry n’a fait que transiter par l’entreprise Verona Equities pour se retrouver presque en totalité dans le compte de la société appartenant à Richard Marcotte.

La seule information fournie au jury jusqu’à maintenant quant au présumé intermédiaire est que Verona Equities est administrée par un certain André Desbiens.

En contre-interrogatoire, l’avocat de Tony Accurso a tenu à ce que le témoin répète que Simard-Beaudry n’a pas produit un chèque adressé directement à Richard Marcotte.

Des prête-noms et des paradis fiscaux

Le défunt maire de Mascouche, Richard Marcotte, aurait eu un compte en Suisse sous un pseudonyme en plus de sociétés au Panama et au Liechtenstein, selon les recherches de la juricomptable.

Le rapport de Pascale Boutin stipule que le politicien a érigé « une structure légale complexe d’entités et de sociétés-écrans, en utilisant des prête-noms agissant comme administrateurs ou signataires ». Elle souligne que les pays où il était en activité sont « des paradis fiscaux où le secret bancaire est leur marque de commerce [...] Cette façon de faire me porte à croire que le but est de compliquer la traçabilité des véritables titulaires des comptes bancaires », conclut-elle.

La poursuite a rapidement fait entendre 12 témoins en cinq jours. Mercredi prochain, le jury sera avisé si Tony Accurso présente une défense.

L’homme de 66 ans est accusé d’avoir offert des pots-de-vin à l’ancien maire de Mascouche afin d’obtenir des contrats. En plus de l’argent, il lui aurait payé deux voyages, en 2006 et en 2008, sur son luxueux bateau, le Touch, qui est amarré dans les Îles Vierges américaines.

L’entrepreneur est accusé d’abus de confiance et de corruption de fonctionnaire entre 2005 et 2012. Des témoins de la Ville de Mascouche ont expliqué au jury que pendant cette période, les entreprises de Tony Accurso ont remporté des appels d’offres de plusieurs millions de dollars, en étant les plus bas soumissionnaires.

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