Retour

Tony Accurso n'a pas cherché d'explications après une perquisition de l'UPAC

L'entrepreneur Tony Accurso n'a pas cherché à comprendre pourquoi l'Unité permanente anticorruption (UPAC) a mené une perquisition dans ses bureaux, en octobre 2012. C'est ce qu'il a affirmé à la fin de son contre-interrogatoire lundi, dans le cadre de son procès pour fraude et corruption au palais de justice de Laval.

Un texte de Geneviève Garon

« Au lendemain de la perquisition, la vie continue comme si de rien n'était? », a demandé le procureur aux poursuites criminelles et pénales, Richard Rougeau, surpris. « Il faut », a répondu posément Tony Accurso.

La poursuite s'est attardé lundi matin à la réaction de l'entrepreneur après une perquisition de l'UPAC qui a passé sept heures dans ses bureaux, le 11 octobre 2012 – le même jour qu'une perquisition à l'hôtel de ville de Laval.

C'était l'année précédant l'arrestation de l'homme d'affaires pour avoir prétendument trempé dans un stratagème frauduleux de partage de contrats publics et de ristournes mis en place par l'ancien maire Gilles Vaillancourt.

Tony Accurso affirme qu'après la perquisition, il a discuté avec son avocat Guillaume Rochon. « Il m'a dit quels documents ils [les policiers] cherchaient et qu'ils [étaient] partis avec des boîtes. Ça s'est terminé là avec Guillaume. »

Selon sa version, il a ensuite demandé aux présidents de ses entreprises Louisbourg Construction et Simard-Beaudry s'ils connaissaient le motif de l'enquête policière. Ses bras droits Giuseppe Molluso et Frank Minicucci ont répondu « non non », une réponse qui a satisfait M. Accurso. Il n'a posé aucune autre question ni approché qui que ce soit afin de comprendre pourquoi l'UPAC s'intéressait à son empire.

Pas d'explications sur les ristournes

L'homme d'affaires aurait eu une réaction semblable en 1997 et 2002, après avoir entendu parler d'un stratagème de ristournes à Laval par l'ancien directeur général de la ville et ami de longue date, Claude Asselin.

Tony Accurso affirme que la première fois, M. Asselin lui a seulement demandé s'il connaissait l'existence d'un système de ristournes. Cinq ans plus tard, le fonctionnaire lui aurait demandé s'il faisait partie du stratagème. Dans les deux cas, M. Accurso aurait répondu par la négative. Puis, il aurait posé une seule question à MM. Molluso et Minicucci, qui auraient assuré ne pas être au courant.

Me Rougeau a insisté afin de savoir s'il avait poussé son enquête plus loin. L'accusé, lui, estime qu'il en a fait assez. « C'est une grosse vérification quand tu convoques tes présidents », a-t-il expliqué.

L'homme de 66 ans a déclaré sous serment n'avoir jamais participé à un cartel d'entrepreneurs en construction à Laval ni payé des ristournes ou des pots-de-vin. Selon lui, l'ancien président de Louisbourg Construction, Giuseppe Molluso, a pris part au stratagème frauduleux à son insu.

La preuve est close

Tony Accurso était le quatrième et dernier témoin de la défense. Son avocat, Marc Labelle, plaidera jeudi, et Me Rougeau lui succédera vendredi. Le jury devrait commencer ses délibérations le 21 novembre, environ un mois après le début du procès.

Les 11 jurés devront s'entendre à l'unanimité sur des verdicts pour les cinq chefs d'accusation : fraude de plus de 5000 $, abus de confiance, corruption, complot afin de commettre des actes de corruption et complot afin de commettre des fraudes.

Parmi les 11 témoins de la poursuite, un ancien collecteur de fonds de Gilles Vaillancourt, Marc Gendron, a témoigné avoir reçu 200 000 $ en argent comptant de la part de Tony Accurso, dans un stationnement au début des années 2000.

L'ex-directeur de la firme Valmont-Nadeau, l'entrepreneur Gilles Théberge, a assuré avoir discuté du stratagème de partage des contrats avec l'accusé et Giuseppe Molluso en 2005.

Tony Accurso a nié ces événements en plus de déclarer avoir eu une relation houleuse avec Gilles Vaillancourt.

Il a expliqué que quelques heures après son arrestation, son subalterne et cousin Giuseppe Molluso lui a avoué pour la première fois sa participation dans la fraude. Il a par la suite plaidé coupable pour son implication. M. Molluso travaille toujours pour l'empire Accurso en tant que conseiller pour les enfants du grand patron.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine