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Tout ce que vous devez savoir sur la nouvelle carte électorale

Les Canadiens iront voter avec une nouvelle carte électorale en octobre. Rarement celle-ci aura subi autant de modifications : 87 % des circonscriptions ont de nouvelles limites, 30 nouvelles sont créées.

Un texte de Marc Godbout

Tous les 10 ans, à la suite du recensement, le nombre de circonscriptions et leurs frontières sont révisés pour refléter les mouvements et la croissance de la population. Et les changements sont parfois majeurs.

Le député Alain Giguère, de la couronne nord de Montréal, est l'un de ceux dont la circonscription change le plus.

Effet domino

Pour regarder le nombre de sièges par province, cliquez ici.

La refonte de la carte électorale fait passer de 308 à 338 le nombre de circonscriptions, et provoque du même coup un effet domino dans les régions métropolitaines.

Le Québec compte trois nouvelles circonscriptions, toutes dans la grande région de Montréal, dont celle de Thérèse-De Blainville.

C'est là qu'Alain Giguère préfère maintenant se présenter, bien qu'il soit pourtant député actuel de la circonscription voisine de Marc-Aurèle-Fortin. Peu importe son choix, il renonce à la moitié de l'électorat qui l'a élu sous la bannière du NPD en 2011. « Ce n'est pas un calcul politique, dans mon cas j'étais gagnant d'un bord comme de l'autre. »

Des frontières complètement redessinées dans plusieurs provinces

Les changements les plus importants touchent l'Ontario, qui compte désormais 121 circonscriptions. Elles se trouvent presque toutes dans la région de Toronto.

Pour voir la carte de l'Alberta sur votre appareil mobile, cliquez ici

L'Alberta et la Colombie-Britannique disposent désormais de six sièges additionnels chacune, conséquence également de la croissance démographique des dernières années.

La Saskatchewan, elle, conserve le même nombre de sièges, mais les limites des 14 circonscriptions existantes ont été radicalement changées.

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Dans le berceau de la social-démocratie, le redécoupage sépare maintenant les villes des campagnes, ce qui pourrait avoir un effet significatif sur les résultats électoraux. Dans cette province où règnent presque sans partage les conservateurs, le NPD fonde maintenant des espoirs dans les villes de Saskatoon et de Regina

Un parti avantagé?

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Élections Canada est tenue par la Loi électorale de fournir une transposition du vote pour déterminer comment les résultats de la dernière élection générale
sont répartis entre les circonscriptions de la nouvelle carte.

En appliquant les résultats du scrutin général de 2011 à la nouvelle carte, le Parti conservateur obtiendrait 22 des 30 nouveaux sièges. En pourcentage, il détenait 53,9 % de la Chambre des communes avec l'ancienne carte; il en aurait détenu 55,6 % si la nouvelle avait été en vigueur à l'élection de 2011.

Mais tout ce redécoupage aurait apporté une nouvelle dynamique dans de nombreuses circonscriptions.

Ainsi, près d'une dizaine de circonscriptions auraient changé de main.

Quelques exemples:

  • Au Québec, la circonscription d'Ahuntsic, remportée par le Bloc québécois en 2011 et rebaptisée Ahuntsic-Cartierville, passerait au Parti libéral. Le NPD terminerait au deuxième rang;
  • Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, décrochée par le NPD en 2011, se transformerait en victoire du Bloc québécois;
  • En Ontario, dans Brampton-Est (autrefois Bramalea-Gore-Malton), le NPD délogerait les conservateurs;
  • En Saskatchewan, le NPD récolterait deux nouveaux sièges au profit du Parti conservateur, ceux de Regina-Lewvan (anciennement Regina-Lumsden-Lake Centre) et Saskatoon (auparavant Saskatoon-Rosetown Biggar).

Élections Canada met en garde les Canadiens contre la tentation de voir ces transpositions comme une prédiction des résultats du 19 octobre prochain. Celles-ci ne tiennent pas compte de nombreux facteurs, dont la mobilité de la population.

« Ça ne prend pas en considération la réalité politique du jour. (...) Dans une période de quatre ans, il y a un mouvement assez important d'électeurs potentiels qui déménagent », souligne John Enright, porte-parole d'Élections Canada. Quelque 12,4 % des Canadiens déménagent chaque année, selon Statistique Canada.

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