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Trans Mountain : opinions partagées chez les Autochtones

Les Autochtones du pays, ceux de la Colombie-Britannique au premier chef, sont divisés après l'annonce de l'achat par Ottawa du projet d'expansion du pipeline Trans Mountain, de l'entreprise texane Kinder Morgan, pour la somme de 4,5 milliards de dollars. Si certains s'y opposent, d'autres y voient une occasion d'affaires.

Plusieurs communautés autochtones de la province de la côte du Pacifique considéreraient sérieusement investir dans le projet d’oléoduc, affirme le chef de la Première Nation de Cheam, Ernie Crey.

« J’étais heureux d’entendre cette nouvelle en me levant », a dit le chef de la communauté située à environ 100 km à l’est de Vancouver, quelques heures après que le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, eut annoncé l’achat du projet d’agrandissement de Trans Mountain qui permettra de tripler la quantité de pétrole qui sera transportée de l’Alberta vers l’océan Pacifique à des fins d’exportation.

Le ministre Morneau n'écarte pas la possibilité de trouver rapidement un acheteur privé, ce qui lui éviterait d’aller de l’avant avec la transaction. Il a indiqué que des communautés autochtones ont déjà démontré de l’intérêt en ce sens.

« En principe, nous sommes intéressés à investir », a confirmé Ernie Crey.

La Première Nation de Cheam est l’une des 43 communautés, dont 33 en Colombie-Britannique, qui avaient préalablement signé des ententes avec Kinder Morgan au sujet de l'oléoduc.

M. Crey soutient que les autres communautés qui avaient signé ces ententes réfléchissent aussi à investir dans Trans Mountain.

« Il y a beaucoup de questions auxquelles nous n’avons pas de réponses », déplore de son côté le chef de la communauté de Lower Nicola, Aaron Sumexheltza. Avec le projet d’expansion, le pipeline traverserait les terres de la communauté.

« Nous devons analyser la situation actuelle », a-t-il expliqué.

Une opposition toujours présente

D’autres Autochtones s’opposent encore et toujours au projet d’agrandissement du pipeline.

« Le Canada a fait une erreur avec Kinder Morgan », croit Rueben George, le gérant de l’initiative Tsleil-Waututh Nation Sacred Trust.

Le changement de propriétaire ne change rien à l’opposition de la communauté au projet, a-t-il dit, affirmant être sûr « que la Constitution canadienne va protéger les droits des Autochtones ».

Kanahus Manuel, une leader de la communauté de Secwepemc, croit plutôt que la décision d’Ottawa va exacerber l’opposition au pipeline.

Kanahus Manuel ne croit pas que de possibles investissements autochtones vont ralentir l’opposition au projet.

« Non veut dire non », a pour sa part déclaré le grand chef Stewart Phillip, président de l'Union des chefs autochtones de la Colombie-Britannique.

« Nous sommes absolument choqués et consternés que le Canada investisse l'argent des contribuables dans un projet aussi controversé d'expansion des combustibles fossiles », a-t-il dit.

Le chef de l’Assemblée des Premières Nations (APN), Perry Bellegarde, a pour sa part indiqué qu’Ottawa devra s’asseoir avec les Autochtones de la Colombie-Britannique, qui ont des points de vue divergents, pour trouver une solution.

« C’est à la Couronne d’honorer son obligation à consulter, ce qui n’a pas encore été fait », a indiqué le chef Bellegarde par voie de communiqué.

Will Georges, membre de la nation Tsleil-Waututh, a qualifié le premier ministre Justin Trudeau de « menteur ».

En entrevue à ICI RDI, Jean-Charles Piétacho, chef de la communauté innue d'Ekuanitshit, dans la région de la Côte-Nord, au Québec, est lui aussi déçu.

« La plus belle réponse, on l’a maintenant au détriment de l’environnement, au détriment de nos droits, ainsi que de l’ensemble des gens qui s’opposent à ce projet insensé », a poursuivi M. Piétacho.

Avec les informations de Jorge Barrera, CBC News

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