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Trans Mountain, pomme de discorde entre manifestants à Vancouver

Les opposants à l'agrandissement du pipeline Trans Mountain, entre l'Alberta et la Colombie-Britannique, étaient bien plus nombreux à donner de la voix, samedi, dans la région de Vancouver, que ceux vantant les bienfaits du projet.

Un texte de Samuel Danzon-Chambaud

Des milliers d'opposants se sont réunis dans la matinée à Burnaby, près du terminal pétrolier du porteur du projet, Kinder Morgan. Une centaine de partisans de Trans Mountain s'étaient quant à eux rassemblés au centre-ville de Vancouver dans l'après-midi.

Le projet Trans Mountain vise à tripler la capacité du pipeline existant, la faisant passer de 300 000 à 890 000 barils de pétrole par jour. Parmi ceux qui le défendaient à Vancouver, certains avaient fait le voyage depuis l'Alberta.

« J'ai habité juste à côté du Lac-Mégantic », a tenu à rappeler le militant Bernard Hancock, en lien avec la tragédie au cours de laquelle 47 personnes ont perdu la vie lorsqu'un train de 72 wagons-citernes a explosé au coeur de la ville québécoise.

Même si son projet a été autorisé par l'Office national de l'énergie l'an dernier, Kinder Morgan se bute tout de même à une forte opposition émanant notamment d'environnementalistes et de groupes autochtones.

Le grand chef de la communauté mohawk de Kanesatake, à l'ouest de Montréal, s'est justement rendu à Burnaby pour « rappeler au gouvernement et à l'industrie que les Premières Nations ici en Colombie-Britannique ne sont pas seules ».

« Si un malheur arrivait, si nos alliés sont maltraités, nous dans l'Est on va prendre action », a soulevé Serge Otsi Simon.

À l'issue de la manifestation, une maison traditionnelle a été érigée dans le terminal pétrolier, une manière pour les Autochtones d'avoir à l'oeil Kinder Morgan.

Obstruction gouvernementale

Des ordres de gouvernement ont aussi fait traîner le dossier de Trans Mountain. La Ville de Burnaby lui faisait de l'obstruction administrative tandis que la Colombie-Britannique souhaitait réduire la quantité de bitume transporté sur son territoire.

Cette décision avait suscité la colère de l'Alberta, qui avait décrété un bref embargo sur le vin de sa voisine. Elle menace maintenant de fermer ses vannes de pétrole si Trans Mountain subit des embûches de taille.

Avec des informations de Johann Nertomb

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