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TransCanada précise sa responsabilité en cas de déversement 

La filiale Énergie Est s'est engagée mardi à assumer les coûts d'une éventuelle catastrophe jusqu'à concurrence d'un milliard de dollars. Le reste sera la responsabilité de la société mère, TransCanada, a confirmé le vice-président d'Énergie Est pour le Québec, Louis Bergeron, devant le Bureau des audiences publiques sur l'environnement (BAPE).

Un texte de Laurence Niosi et de Christine Bureau

« Énergie Est aura la capacité financière d'un milliard de dollars et, au-delà de cette somme, TransCanada assumera la totalité des frais non couverts par Énergie Est », a-t-il assuré lors de la deuxième journée d'audience sur le controversé projet d'oléoduc Énergie Est, à Lévis.

Il répondait ainsi à une interrogation laissée en suspens la veille, à savoir la responsabilité de TransCanada en cas d'insolvabilité de sa filiale Énergie Est.

Louis Bergeron est toutefois resté vague sur l'aspect légal de cet engagement. Le président de la commission, Joseph Zayed, a rappelé qu'une séance serait dédiée à la question de la responsabilité en cas de déversement, le 16 mars prochain.

Le BST se prononce 

Plus tôt en après-midi, le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) a ouvert la séance en affirmant que le pipeline n'était pas nécessairement plus sécuritaire que le train comme mode de transport de pétrole.

« Tous les modes de transports peuvent être sécuritaires si les compagnies et les organismes de réglementation évaluent les risques adéquatement », a affirmé l'administrateur en chef des opérations du BST, Jean Laporte.

Selon lui, l'industrie du pipeline collabore cependant beaucoup plus que l'industrie ferroviaire lors d'incidents et prend des mesures correctives lorsqu'il le faut.

En cas de déversement, M. Bergeron a assuré être prêt, disposant d'un technicien par 60 km et d'une ligne d'urgence à Calgary. « Beaucoup d'intervenants sont formés au préalable », a-t-il souligné, affirmant avoir collaboré avec les municipalités.

En suspens

Plusieurs interrogations sont toutefois restées sans réponse lors de la période de questions.

Le promoteur a notamment été incapable de donner certaines précisions sur des données comparatives entre les modes de transport de pétrole, ni de dire si les aquifères ont été répertoriés en prévision du projet d'oléoduc. TransCanada s'est plutôt référé à une étude récente de l'Institut Fraser qui vante la sécurité des oléoducs.

Invitées aux audiences en tant que potentielles clientes, les pétrolières Suncor et Valero ont pour leur part été incapables de préciser la quantité de pétrole que leurs raffineries pourraient traiter, ni quelle proportion serait destinée à l'exportation.

Seule Irving a confirmé un engagement minimum de 50 000 barils par jour auprès d'Énergie Est.

Selon M. Bergeron, les raffineries de l'Est s'approvisionnent à l'étranger pour 50 % de leurs besoins et l'un des avantages du projet Énergie Est est de réduire leur dépendance au pétrole extérieur.

Aucun expert ou représentant ne s'est toutefois engagé à prédire les prix du marché du pétrole à moyen terme. Lors de la période de questions, une citoyenne a avoué qu'il était « paradoxal » d'ignorer ces prévisions pour un projet de plus de 15 milliards de dollars. 

Le projet de TransCanada vise à transporter jusqu'à 1,1 million de barils de pétrole par jour - un flot « moyen », a précisé le promoteur mardi - qui irait de l'Ouest canadien jusqu'aux raffineries de l'Est.

Des perturbations qui font réagir

Les consultations du BAPE sur le projet d'oléoduc Énergie Est se sont ouvertes lundi soir à Lévis, où la présence de manifestants a perturbé la séance durant quelques minutes. 

Mardi, le premier ministre Philippe Couillard s'est élevé contre des « manifestations qui bloquent le droit de parole des gens, qui sont agressives, d'un côté ou de l'autre ». 

Le leader parlementaire de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Bonnardel, a quant à lui qualifié les manifestants de « gens mal élevés ». 

Les audiences se poursuivent jusqu'au 17 mars prochain.

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