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Transferts en santé : la Saskatchewan et Ottawa s'entendent

Ottawa transférera 348,8 millions de dollars supplémentaires à la Saskatchewan pour les soins en santé à domicile et en santé mentale pendant 10 ans.

De cette somme, 190,3 millions de dollars seront consacrés aux infrastructures en soins à domicile, et 158,5 millions de dollars, à des initiatives en soutien à la santé mentale.

En outre, les paiements annuels du Transfert canadien en matière de santé seront augmentés de 3 % par année ou en fonction du taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) national, selon le montant le plus élevé.

« Nous sommes heureux de conclure un accord qui permettra d’offrir des services de soins de santé durables. Les nouveaux investissements en soins de santé à domicile et en santé mentale sont importants. Les fonds supplémentaires aideront à assurer une offre de service dans les domaines prioritaires », a déclaré par voie de communiqué le ministre de la Santé de la province, Jim Reiter.

Insuffisant, mais nécessaire

M. Reiter a cependant précisé que la province est un peu déçue par cet accord qui ne répond pas à toutes ses attentes. La Saskatchewan réclamait en effet une hausse annuelle de 5,2 % des transferts en santé du fédéral.

Le ministre a fait savoir qu’il était toutefois temps pour sa province de recevoir des fonds pour les soins à domicile et en santé mentale. Selon lui, la province dépense environ 5 milliards de dollars par an dans les soins de santé.

Le Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve-et-Labrador, la Nouvelle-Écosse et les trois territoires se sont déjà entendus avec Ottawa sur les transferts en santé.

En décembre dernier, le premier ministre saskatchewanais, Brad Wall, avait rejeté l’offre bonifiée d’Ottawa, l’estimant insuffisante pour les besoins de sa province.

Le litige sur les IRM mis de côté... pour l'instant

Par ailleurs, Ottawa et Regina se donnent un an pour régler un litige sur l'imagerie par résonance magnétique (IRM). La province autorise les personnes à recevoir un examen privé à condition qu'une clinique offre un examen à un autre patient sur la liste d'attente du système public.

La ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott, avait demandé à la Saskatchewan de mettre un terme à cette pratique, indiquant que la province de l’Ouest devrait plutôt s’assurer que tout le monde a accès à des IRM et à des examens de tomodensitométrie le plus vite possible.

De son côté, la Saskatchewan assure qu’elle prouvera au fédéral que son système fonctionne bien au cours de l’année de sursis.

Une entente à long terme

Pour leur part, les premiers ministres de sept provinces et des territoires représentant 90 % de la population canadienne continuent d’exhorter le gouvernement fédéral à établir une entente multilatérale à long terme.

« Une nouvelle entente multilatérale fera en sorte que tout financement fédéral supplémentaire vienne appuyer les services de santé offerts dans toutes les provinces et dans tous les territoires », ont-ils affirmé dans un communiqué conjoint.

Le ministre de la Santé du Québec, Gaétan Barrette, s’est ainsi dit déçu que la Saskatchewan ait conclu une entente avec Ottawa. Il a minimisé l'importance des accords bilatéraux. « Nous avons un gouvernement qui est prêt à faire quoi que ce soit, y compris briser sa propre loi, pour conclure un accord », a déclaré M. Barrette. Il a également dénoncé l’accord entre Ottawa et Regina concernant leur désaccord sur les IRM.

La Coalition canadienne de la Santé déplore que la Saskatchewan se soit vu consentir le droit de contrevenir à la Loi canadienne sur la santé.

Elle se dit déçue que la ministre Philpott, qui se décrit comme une défenseure du système de santé publique, ait ainsi choisi d'accommoder un régime à deux vitesses.

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