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Travis Vader reconnu coupable des meurtres au second degré de Lyle et Marie McCann

Travis Vader a été reconnu coupable de meurtre au second degré de Lyle et Marie McCann. Le juge Denny Thomas de la Cour du Banc de la Reine a prononcé le verdict jeudi matin à Edmonton devant une caméra qui transmettait en direct les explications de sa décision.

Un texte de Geneviève Normand

Travis Vader faisait face à deux chefs d'accusation de meurtre au premier degré. Le juge Denny Thomas a expliqué que les éléments de preuves nécessaires pour lui prouver hors de tout doute raisonnable que le meurtre du couple d'aînés a été fait de manière planifiée et délibérée ne lui ont pas été présentés, ce qui explique le verdict de meurtre non prémédité.

Tel que le prévoit le Code criminel canadien en cas de meurtre au second degré, l'homme, détenu depuis six ans, ne sera pas admissible à une libération conditionnelle avant au moins 10 ans.

Dans son prononcé du verdict, qui a duré 50 minutes, le juge Denny Thomas a reconstruit le fil des événements à partir du 3 juillet 2010, jour où le couple McCann a été vu pour la dernière fois.

Le juge a notamment affirmé que Travis Vader « a mis le feu au véhicule des McCann », que le couple « a été victime de blessures corporelles » et que « de la violence s'est produite lors de l'interaction entre M. Vader et les McCann ».

Seule la voix du juge était audible dans la salle d'audience pendant le prononcé du verdict. La famille a fondu en larmes en entendant le juge rendre sa décision.

Durant le procès de Travis Vader, qui a duré six mois, 89 témoins ont été appelés à la barre.

Travis Vader doit se présenter en cour à une date ultérieure pour que ses avocats et ceux de la Couronne puissent présenter leurs arguments quant à la sentence que devrait lui imposer le juge à qui il reviendra ensuite de trancher.

Les avocats de Travis Vader ont fait savoir rapidement après le prononcé du verdict que leur client fera appel.

Chronologie de l'affaire Vader 

Une caméra permise dans la salle

Pour la première fois en cour criminelle en Alberta, le prononcé du verdict a été diffusé en direct par différents médias albertains.

Le juge a autorisé un consortium de médias regroupant CBC/Radio-Canada, Postmedia, Global, CTV et La Presse canadienne à transmettre en direct le prononcé du verdict à l'aide d'une caméra installée derrière les bureaux de la Couronne et de la défense.

La caméra pouvait capter une vue d'ensemble de la salle d'audience, mais ni l'accusé ni le public n'étaient filmés. La Couronne s'opposait à la présence de cette caméra, tandis que l'avocat de la défense y était favorable.

Selon l'avocat criminaliste André Ouellette, nullement engagé dans ces procédures judiciaires, la présence d'une caméra dans la salle d'audience ajoute à la transparence du processus judiciaire et aide le public à être mieux informé. Il estime cependant qu'une telle permission doit faire l'objet d'une évaluation au cas par cas.

« Dans une cause controversée comme celle-ci, j'ai l'impression que le juge veut être clair, dit-il. C'est quasiment un jeu pédagogique de donner l'occasion au public de comprendre comment fonctionne le système. S'il le trouve coupable ou s'il le trouve non coupable, je pense qu'il veut être clair. »

Des procédures hautement médiatisées

Les procédures judiciaires de l'affaire Travis Vader ont souvent fait les manchettes et ont été marquées par de nombreux soubresauts. Entre autres, en 2014, les accusations de double meurtre au premier degré portées contre M. Vader ont été suspendues avant d'être réactivées neuf mois plus tard. La Couronne a en effet un an pour réactiver des accusations qui ont été suspendues.

Le procès de Travis Vader s'est finalement ouvert en mars 2016 et a duré six mois.

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