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Trois attentats à Kaboul font au moins 25 morts

Une troisième violente explosion a secoué le centre-ville de Kaboul en Afghanistan, lundi soir, quelques heures après que deux bombes eurent explosé près du ministère afghan de la Défense, tuant au moins 25 personnes et en blessant près d'une centaine d'autres.

Le chef de police du district numéro 2 de Kaboul, au moins six de ses officiers et le chef des renseignements pour la ville de Kaboul sont morts dans l'attaque. De nombreux civils sont parmi les victimes.

Les deux explosions sont survenues en pleine heure de pointe, alors que des centaines d'employés quittaient le ministère de la Défense.

Une première explosion est survenue, puis, quelques minutes plus tard, un kamikaze portant un uniforme des forces de sécurité afghane se serait donné la mort au milieu de la foule, accourue pour venir en aide aux victimes de la première déflagration.

« Quand la première explosion est survenue, raconte Samiullah Safi, les gens se sont massés sur le site. Puis, il y a eu une deuxième explosion, très puissante, qui a tué beaucoup de gens, des travailleurs, des femmes, des enfants. Tous des innocents. »

De nombreux commerces à proximité ont été soufflés par les explosions. Certains corps ont été propulsés dans la rivière Kaboul et ont dû être récupérés par les pompiers.

En fin de soirée, une troisième forte explosion a secoué cette fois le quartier nanti de Shar-E-Naw, selon la correspondante de Radio-Canada Marie-Eve Bédard.

Vers 23 h, un kamikaze à bord d'une voiture piégée s'est fait exploser. Puis, des attaquants sont entrés dans un bâtiment abritant une organisation caritative du nom de Pamlarena. Des échanges de coups de feu ont été entendus pendant plusieurs heures.

« Les trois assaillants ont été abattus par les forces de l'ordre. 42 personnes dont 10 étrangers ont été sauvés », a indiqué sur Twitter le porte-parole du ministère, Sediq Sediqqi.

Les talibans accentuent la pression sur le gouvernement

Les deux premiers attentats ont été rapidement revendiqués par les talibans. Un porte-parole taliban, Zabihullah Mujahid, a indiqué sur Twitter que le premier attentat visait le ministère de la Défense et le second, la police. La troisième attaque n'a pas encore été revendiquée.

Le président afghan Ashraf Ghani a condamné l'attaque et a accusé les insurgés de s'en prendre aveuglément aux « gens ordinaires ».

« Cette attaque montre le mépris que les talibans ont pour la vie humaine », a renchéri John W. Nicholson, le général américain à la tête de l'opération de l'OTAN « Resolute Support » en Afghanistan. Il ajoute que ces attaques n'aident en rien le processus de paix.

Depuis l'attaque meurtrière à l'Université américaine de Kaboul, le 25 août, qui a fait 16 morts, les services de sécurité afghans étaient en état d'alerte constant, redoutant de nouveaux attentats.

Mais les renseignements afghans ont été une fois de plus déjoués par un ennemi de plus en plus violent et actif dans la capitale et dans plusieurs provinces.

Le président Ghani doit se rendre au cours du prochain mois à Bruxelles pour rencontrer les pays donateurs qui soutiennent l'Afghanistan. Ceux-ci se questionnent de plus en plus sur la capacité des forces de l'ordre afghanes de contrer la violence grandissante des talibans. La situation sécuritaire s'est nettement détériorée dans le pays, et particulièrement dans la capitale, depuis la fin des opérations de combat de l'OTAN, à la fin de 2014.

L'armée afghane, soutenue par des forces américaines, tente présentement de protéger les villes de Lashkar Gah et de Kunduz, toutes deux menacées par les talibans.
Le commandement de l'OTAN affirme que ni Kunduz ni Lashkar Gah ne courent le risque de tomber aux mains des rebelles.

Le président soutient que les talibans ont multiplié leurs attaques parce qu'ils « sont en train de perdre la bataille » contre les forces afghanes.

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