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Trois emplois pour mieux vivre, la vie cubaine d'Aleida

Cuba étudie, depuis quelques années, les mesures à prendre pour augmenter les salaires et le pouvoir d'achat des Cubains. L'histoire d'Aleida, une institutrice, illustre bien le quotidien de ceux et celles qui vivent avec le salaire moyen à Cuba. Portrait. 

Un texte de Martin Movilla, envoyé spécial à Cuba

La lune est encore brillante et sa lumière envahit chaque petit coin des rues de La Havane. Pendant que les derniers chats de la nuit retournent à la maison ou aux endroits où ils se cachent durant la journée, une femme dans la cinquantaine se prépare à aller au travail. Elle va rencontrer ceux et celles qui sont devenus la raison d'être de sa vie : ses élèves.

Aleida Gonzalez est une institutrice dans une des écoles primaires de la capitale cubaine. Son salaire mensuel ne dépasse pas les 25 $US, mais malgré ses minces revenus, elle est pleine de vie, de joie, d'histoires à raconter et d'un amour débordant pour ses élèves. Elle nous ouvre la porte de sa vieille maison qui abrite une grande partie de ses souvenirs et de ses amours familiaux : c'était la maison de sa mère, décédée il y a quelques mois.

Chez elle, tout semble figé dans le temps. À côté de la fenêtre par laquelle elle vend du café aux passants à son retour de l'école, pour moins de 0,30 $, un sofa et une vieille télévision des années 80 diffuse les émissions de début de journée.

Dans la cuisine, la table à manger lui sert aussi de table de travail les fins de semaine, quand Aleida change de chapeau et qu'elle offre des soins de manucure. Chaque cliente lui paie presque un 1 $ pour ses services.

L'institutrice est convaincue de la nécessité d'augmenter les salaires dans son pays et plus particulièrement ceux des professeurs, qui sont la base de l'une des plus grandes fiertés des Cubains : le système éducatif.

De faibles revenus

Aleida est comme une grande majorité de travailleurs cubains qui doivent vivre avec un salaire moyen de 300 $US par année.

Comme eux, elle reçoit l'aide de l'État en matière de santé, d'éducation, de médicaments et de la nourriture, même s'il y a souvent pénurie d'aliments au pays.

Les Cubains en général bénéficient aussi d'un bon accès à la culture. Ils ne paient pas ou paient très peu pour aller au théâtre, au cinéma, aux concerts, aux spectacles de danse et aux expositions.

En tout, selon les données des économistes cubains reconnus par les institutions internationales, comme la Banque mondiale et les Nations unies, le revenu par habitant de Cuba est d'environ 5500 $US par année. C'est peu, si l'on compare avec les pays du G8 ou les pays de la région latino-américaine.

Le faible revenu des Cubains, plus que les raisons politiques, est aujourd'hui l'une des principales raisons de l'émigration.

Aleida croit qu'une augmentation des salaires peut changer la donne pour l'avenir. Elle sait bien qu'il y a des gens qui font beaucoup d'argent aujourd'hui à Cuba, mais elle n'est pas jalouse. Elle aime son pays et elle a décidé d'y rester, en espérant un avenir plus prospère.

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