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Trois psychologues de la GRC auraient été victimes d'intimidation et de harcèlement

Des allégations de harcèlement et d'intimidation font surface à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) au sein du service qui s'occupe du programme de protection des témoins, à Ottawa.

Trois femmes psychologues se sont plaintes du comportement du responsable de leur service, affirmant que ce dernier a outrepassé ses pouvoirs et qu'il leur a fait des remarques dégradantes en présence d'autres membres de l'équipe. Ce supérieur aurait de plus remis en question leurs capacités professionnelles et instauré un climat de travail abusif et toxique.

CBC a obtenu, par la Loi d'accès à l'information, une étude interne de la GRC qui recommande d'enquêter immédiatement sur ces allégations, formulées sur une période qui avait débuté l'été dernier.

Les trois psychologues avaient exprimé leurs doléances auprès du commissaire adjoint Todd Shean, qui a par la suite demandé à ce qu'on évalue « le niveau de satisfaction des employés dans leur environnement professionnel ». Dans son rapport, l'auteur de cette évaluation stipule qu'il n'avait pas le pouvoir d'enquêter sur les allégations.

Une action immédiate est requise

La GRC a caviardé la copie du rapport remise à CBC qui dit néanmoins être parvenue à « remplir les trous ».

Le rapport dit entre autres que « la relation de travail entre certaines personnes s'est détériorée au point où une action immédiate doit être considérée ».

En plus de recommander au commissaire adjoint Todd Shean d'enquêter sans délai sur les allégations, le rapport demande à ce que les rôles des membres du service soient clarifiés.

Les psychologues à l'origine des allégations travaillaient à l'admission et à l'évaluation des personnes pouvant être admissibles au programme de protection des témoins. Depuis les allégations, l'une d'elles a été détachée pour travailler dans un autre service fédéral et une autre a été assignée à une formation linguistique prolongée.

Charge de travail excessive

Il n'est pas possible d'identifier ces employées parce que cela pourrait mettre en danger des personnes au sein du programme de protection des témoins. De son côté, la GRC n'a pas voulu préciser de quelle façon elle parvenait à prodiguer les services, au sein de ce programme, en l'absence de deux de ses psychologues.

Le rapport de l'évaluateur fait d'ailleurs mention de la charge de travail excessive qui pèse sur l'équipe responsable de l'évaluation des risques au sein de ce programme. « Cela ne peut durer. Cela met le programme en péril », dit l'auteur du rapport.

En février dernier, le commissaire de la GRC, Bob Paulson, avait déclaré devant le Comité permanent de la sécurité publique et nationale : « Oui, nous avons un problème d'intimidation, cela ne fait aucun doute, et nous travaillons là-dessus ».

Dans la foulée de cette déclaration du commissaire de la GRC, le ministre fédéral de la Sécurité publique avait demandé à l'organisme de surveillance de la GRC de réexaminer la question de l'intimidation et du harcèlement au sein du corps policier. Ralph Goodale s'était montré particulièrement choqué quant à des allégations d'attouchements sexuels au Collège canadien de police d'Ottawa, affirmant qu'il fallait « que ce soit puni en bonne et due forme ».

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