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Trudeau accusé d'avoir menti sur ses vacances chez l'Aga Khan

Le premier ministre Trudeau a subi le feu nourri des critiques, mardi, les partis d'opposition lui reprochant d'avoir menti sur ses vacances en janvier dernier sur une île privée des Bahamas appartenant au prince musulman Aga Khan.

Alors que tous se demandaient où il avait passé les Fêtes, le premier ministre a admis le 10 janvier dernier avoir séjourné sur l'île de Bell Cays, aux Bamahas, avec l'Aga Khan, « un vieil ami de la famille ».

Le fait que le prince, dont la fondation reçoit d'importantes subventions du gouvernement fédéral, soit propriétaire de l'île privée où il a passé ses vacances et que ce « vieil ami » ait de surcroît fourni le transport par hélicoptère – ce que la loi canadienne interdit explicitement – a eu pour conséquences d'enflammer l'opposition et de déclencher une enquête de la commissaire fédérale à l'éthique, Mary Dawson.

Or, une nouvelle information dévoilée mardi matin par CBC a ravivé le débat. Car tout indique qu'il existait d'autres moyens de se rendre sur l'île. Pour preuve, des documents obtenus par le réseau anglais de Radio-Canada, qui montrent qu'un employé du Bureau du Conseil privé a rejoint le premier ministre en hydravion, avec plus de 180 kilos d'équipement.

Toujours selon CBC, le voyage de cet employé – un technicien chargé de s'assurer de la sécurité des communications du premier ministre – a coûté près de 7000 $, montant qui n'avait pas été inclus dans le calcul des coûts remis aux parlementaires, qui s'élevaient déjà à 127 000 $.

L'opposition indignée

Il n'en fallait pas plus pour scandaliser les partis d'opposition à la Chambre des communes, qui ont fait leurs choux gras de cette nouvelle révélation lors de la période des questions, mardi.

« C'était déjà révoltant que le premier ministre choisisse de prendre ses vacances dans l'une des destinations les plus chères de la planète et qu'il demande aux contribuables de payer, s'est exclamée Rona Ambrose, chef par intérim du Parti conservateur, l'opposition officielle. Mais pourquoi a-t-il dit aux Canadiens qu'un hélicoptère privé était la seule option, alors qu'il savait que c'était contre la loi, contre ses propres directives éthiques et, on l'apprend aujourd'hui, faux, de surcroît? »

« Aujourd'hui, nous avons appris que l'excuse du premier ministre était catégoriquement fausse », a ajouté le député néo-démocrate Nathan Cullen.

Présent en chambre, le principal intéressé a refusé de répondre directement aux questions, répétant qu'il s'agissait de vacances privées et qu'il répondrait à toutes les questions que pourrait lui poser la commissaire Dawson.

Il a également suggéré que la décision d'utiliser l'hélicoptère de l'Aga Khan avait été prise par la Gendarmerie royale du Canada. « Lorsqu'un premier ministre voyage à l'extérieur du pays, comme c'est toujours le cas, la GRC prend des décisions sur la manière la plus sécuritaire de lui permettre de se déplacer », a-t-il expliqué.

« [Le premier ministre] est-il en train de dire que la GRC lui a demandé de contrevenir à la loi? », lui a répondu Rona Ambrose.

La Loi sur les conflits d'intérêts et le propre code d'éthique de Justin Trudeau interdisent tous les deux les déplacements à bord d'avions non commerciaux nolisés ou privés, sauf dans des situations exceptionnelles liées au travail de premier ministre, et seulement avec l'approbation préalable du commissaire à l'éthique. Pour des motifs de sécurité, le premier ministre doit nécessairement prendre l'appareil du gouvernement pour tous ses déplacements en avion, qu'ils soient officiels ou privés.

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