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Trudeau appelle à l'unité, Harper brandit la menace libérale

En ce 78e et dernier jour de campagne, le chef libéral Justin Trudeau s'est rendu en Alberta, forteresse des conservateurs, pour demander aux Albertains de l'appuyer, tout en invitant les Québécois à faire de même, afin de se défaire de Stephen Harper.

Un texte de Marie-Ève Maheu

« Il est temps de s'unir comme pays », a lancé M. Trudeau lors d'un rassemblement à Edmonton. Le pays « a besoin de l'Alberta pour réussir », a-t-il affirmé tout en tendant la main au Québec.

« Je le dis d'ici, de l'Alberta, que les Albertains comme tous les Canadiens ont besoin de nous, les Québécois. Le Canada a besoin que nous, les Québécois, nous nous réengagions, parce que, pour avoir un meilleur gouvernement, on doit tous choisir un meilleur gouvernement », a-t-il dit. 

En point de presse à Calgary, il a expliqué qu'il était hautement significatif pour lui de lancer cet appel aux Québécois à partir de l'Alberta, « où souvent on a eu des premiers ministres, des politiciens qui misent sur les différences entre les deux provinces ». 

Questionné sur le Programme énergétique national, un legs de son père qui a créé de la grogne contre les libéraux dans l'ouest du Canada et de l'animosité avec le reste du pays, Justin Trudeau a affirmé qu'il le condamnait. « C'était une erreur de mettre un bout du pays contre un autre avec quelconque programme comme le programme de mon père. Et je travaille à la place à rassembler les gens », a-t-il soutenu.

Le programme mis en place par Pierre Elliott Trudeau en 1980 obligeait les provinces de l'ouest à vendre son pétrole à bas prix au reste du Canada.

Justin Trudeau terminera sa journée en Colombie-Britannique, avant de prendre un avion de nuit vers Montréal.

Harper mise sur son plan pour l'économie

Stephen Harper, qui a commencé la journée à Newmarket, en banlieue de Toronto, a encore une fois fait planer le « risque économique » d'élire un gouvernement libéral. « Ce n'est pas du changement [que proposent les libéraux], c'est de l'argent sonnant » qui sort de vos poches, a dit M. Harper, en invitant un entrepreneur de la région à laisser tomber des billets de banque sur une table au son d'une caisse enregistreuse. Une mise en scène reprise inlassablement depuis une semaine.

Le chef conservateur prétend que le programme de Justin Trudeau va priver la classe moyenne de milliers de dollars en revenu. « D'ici à demain, vous devez prendre une décision entre les hausses d'impôts des libéraux et l'allégement fiscal des conservateurs », a insisté Stephen Harper. 

Le chef conservateur a participé à un rassemblement à Regina, en Saskatchewan, avant d'aller à Abbotsford, en Colombie-Britannique. Il se rendra ensuite à Calgary.

Mulcair s'en prend à Trudeau

Le chef du Nouveau Parti démocratique Thomas Muclair a lui aussi commencé la journée à Toronto, en s'attaquant également à Justin Trudeau. Il l'accuse de faire faussement passer son parti pour une formation progressiste.

Dans un discours à ses militants, le chef néo-démocrate a reproché à Justin Trudeau de vouloir faire payer les jeunes générations, en enregistrant des déficits, sans avoir le courage d'augmenter les impôts des grandes entreprises, comme le propose le NPD.

Malgré de piètres résultats dans les sondages en fin de campagne, Thomas Mulcair a répété son intention de l'emporter.

M. Mulcair, qui est à Montréal dimanche soir, n'a pris aucune question des journalistes de toute la journée, comme cela été le cas au premier jour de la campagne. Il se l'était d'ailleurs fait reprocher.

Duceppe optimiste

Le chef bloquiste Gilles Duceppe, en campagne à Trois-Rivières, a demandé une nouvelle fois aux Québécois de lui donner la balance du pouvoir pour faire face à un éventuel gouvernement minoritaire libéral.

« Je suis déterminé. Je trouve qu'il y a beaucoup d'enthousiasme. [...] Je pense que s'il y a quelque chose de différent des autres campagnes, c'est qu'il faut travailler très fort jusqu'à la fin », a-t-il dit.

La lutte pour son siège, dans la circonscription montréalaise de Laurier-Sainte-Marie, qu'il a perdu par plus de 5000 voix en 2011, s'annonce serrée, mais il se dit tout de même « optimiste ».

Gilles Duceppe ajoute ne pas être revenu en politique pour lui. « Je ne mène pas un combat pour ma carrière, ça n'a jamais été dans mes plans depuis que je suis en politique. Moi, je mène un combat pour que le Québec devienne un pays et tant qu'on ne l'a pas, pour que le Québec ait des gens pour défendre nos valeurs et nos droits à Ottawa. »

Le chef du Bloc termine aussi sa campagne dans la métropole québécoise. 

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