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Trudeau en Chine : les droits de la personne avant l'économie, plaide Amnistie

La Coalition pour les droits de la personne en Chine somme le premier ministre canadien, Justin Trudeau, de profiter de sa visite dans l'État chinois pour aborder la question des droits de la personne, qui, selon l'organisation, ont été malmenés ces dernières années sous la présidence de Xi Jinping.

« La libération de prisonniers, la torture, les droits humains ont tendance à s'effacer des discussions qui portent davantage sur les investissements et les politiques de libre-échange », affirme le secrétaire général d'Amnistie internationale Canada, Alex Neve, dont l'organisation fait partie de la coalition.

Il demande qu'une stratégie claire et ferme dans le dossier soit établie « pour une première fois » par le gouvernement canadien.

Même s'il reconnaît les efforts du gouvernement Harper, qui avait, entre autres, refusé d'assister aux Jeux olympiques de Pékin en 2008, les gouvernements précédents n'ont, selon lui, jamais adopté de plan « clair » et « compréhensible » pour mettre fin aux atrocités qui se déroulent quotidiennement en Chine.

« Il n'y a pas que les officiels et le [ministère] des Affaires étrangères qui doivent être impliqués, mais tous les ministères qui ont l'occasion d'échanger avec leurs confrères chinois [...] Ce dossier ne peut [reposer entre les mains] de seulement deux ou trois diplomates », clame Alex Neve.

« Il faut profiter du fait que ce soit un nouveau gouvernement canadien pour ouvrir un nouveau chapitre dans les relations entre le Canada et la Chine », a-t-il poursuivi en conférence de presse mardi, au premier jour de la tournée de Justin Trudeau dans le pays asiatique.

La directrice de l'organisation Canada-Hong Kong Link a aussi appelé le premier ministre à s'assurer que la liberté d'expression soit respectée et la discrimination ethnique, enrayée.

Une situation qui se détériore

Selon Amnistie internationale, interdite par Pékin, « la situation des droits de la personne en Chine se détériore plus que jamais sous Xi Jinping ».

Plusieurs analystes pensent même qu'il n'y a jamais eu autant de répression dans le pays depuis l'ère de Mao.

La situation se serait d'autant plus dégradée depuis que le gouvernement chinois s'est donné, en avril dernier, les outils légaux pour pouvoir expulser les organisations non gouvernementales étrangères qu'il juge menaçantes pour la sécurité de la nation.

Les soupçons des autorités chinoises peuvent se diriger vers les ONG qui soutiennent la cause du Tibet et le mouvement prodémocratie à Hong Kong ou encore celles qui font la promotion des droits des gais et des travailleurs.

La présence des ONG étrangères devra être approuvée par la police chinoise. Il leur est notamment interdit de critiquer le pouvoir de l'État ou de parler d'aspirations séparatistes, notamment au Xinjiang, au risque de perdre leur permis.

Des mesures répressives

Cette initiative du gouvernement chinois, qualifiée d'« antiterroriste », est le dernier jalon d'une longue liste de mesures adoptées par le président Xi Jinping pour limiter les droits de la personne et garder le contrôle dans le pays.

Des centaines d'avocats et d'activistes qui défendent les droits de la personne et des éditeurs de Hong Kong ont notamment été arrêtés. Parmi les prisonniers figurent aussi Tibétains, Hongkongais, Mongoliens, blogueurs et journalistes de toutes les nations.

Les autorités communistes ont également publié des bandes dessinées pour mettre en garde les jeunes Pékinoises contre de possibles séducteurs étrangers, qui pourraient bien être des espions, préviennent-elles.

Depuis 2012, date de la dernière visite officielle canadienne en Chine, plus de 140 Tibétains se seraient immolés pour protester contre les règles chinoises imposées ces dernières années, a indiqué mardi la directrice nationale de l'organisme Étudiants canadiens pour un Tibet libre, Sonam Chokey.

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