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« Trudeau et Harper, même combat », dit Mulcair

À 11 jours du scrutin, l'animosité du chef néo-démocrate à l'endroit de son adversaire libéral grimpe d'un cran. Thomas Mulcair accuse maintenant Justin Trudeau et Stephen Harper d'être les deux faces d'une même pièce.

« Libéraux et conservateurs, même combat », a-t-il lancé jeudi lorsqu'il a été interrogé sur la possibilité d'une alliance avec les libéraux pour éjecter les conservateurs du pouvoir, en cas de gouvernement minoritaire.

Le chef du NPD a rappelé les nombreux dossiers pour lesquels Justin Trudeau s'est rangé derrière Stephen Harper, notamment celui de la loi antiterroriste, qui est venue renforcer les pouvoirs des services de renseignements canadiens, et celui du projet de pipeline pour transporter le pétrole des sables bitumineux vers les États-Unis.

« Libéraux et conservateurs sont d'accord pour enlever nos droits avec C-51, libéraux et conservateurs sont d'accord pour le projet Keystone XL, libéraux et conservateurs sont d'accord pour 50 milliards de réductions des impôts des grandes sociétés, libéraux et conservateurs ont pillé à hauteur de 57 milliards dans la caisse d'assurance-emploi, ça, c'est leur bilan », a affirmé M. Mulcair, qui chute dans les sondages.

Le chef du NPD a ajouté ne pas avoir davantage de respect pour M. Trudeau que pour M. Harper. « J'essaie d'avoir du respect pour mes adversaires. Mais ce respect est de plus en plus miné ces jours-ci quand je regarde ces leaders vouloir sacrifier le gagne-pain de dizaines de milliers de familles canadiennes dans un accord de libre-échange dont tous les détails n'ont pas été révélés », a-t-il dit en faisant référence à l'entente de principe du Partenariat transpacifique (PTP) conclue par le gouvernement conservateur sortant.

Mulcair se sert de l'exemple de Clinton

Au sujet du PTP, Thomas Mulcair tente de profiter de la position de la candidate à l'investiture démocrate aux États-Unis Hillary Clinton, qui s'est déclarée contre l'entente mercredi.

« Hillary Clinton estime que la barre n'a pas été placée assez haute pour les Américains dans le PTP, et nous savons que l'entente que les Américains ont obtenue est meilleure que ce que Stephen Harper a obtenu. Pourquoi? Parce que Stephen Harper est entré dans ces négociations deux semaines avant une élection fédérale, dans une position extrêmement vulnérable. Tout le monde autour de la table le savait, et ils ont joué avec lui comme avec un enfant. »

« Mme Clinton est juste en train de dire la même chose que nous autres : qu'il est grandement temps qu'on ait des gouvernements qui commencent à se tenir debout pour de bons emplois dans nos pays respectifs », ajoute-t-il.

Le ministre sortant du Commerce, Ed Fast, a confirmé jeudi qu'une copie du texte de l'accord serait rendue publique d'ici une semaine, quand la traduction française sera complétée. Cela surviendra donc quelques jours avant le scrutin du 19 octobre.

M. Fast a refusé de commenter la position de Mme Clinton, jugeant que les Américains vivaient leur propre « période politique délirante ».

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