Retour

Trudeau fait passer la classe moyenne avant le retour à l'équilibre budgétaire

Le premier ministre du Canada refuse de fixer la date d'un éventuel retour à l'équilibre budgétaire. Justin Trudeau a préféré insister, lors de son bilan des travaux parlementaires, sur l'importance de redonner de l'argent à la classe moyenne et d'investir dans les infrastructures afin de faire croître l'économie canadienne.

« Nous avons été les seuls au cours de la dernière campagne électorale à ne pas nous concentrer sur l’atteinte de l’équilibre budgétaire à tout prix, peu importe les répercussions », a déclaré M. Trudeau en conférence de presse depuis Ottawa. « Nous avons dit que nous allions investir pour faire croître l’économie, pour redonner de l’argent aux gens de la classe moyenne et ceux qui travaillent fort pour y parvenir. »

Le premier ministre préfère parler de « responsabilité fiscale » plutôt que d’équilibre budgétaire. « Bien sûr, nous travaillons à faire croître l’économie pour tous les Canadiens et nous ferons toujours preuve de responsabilité fiscale », a-t-il ajouté.

Infrastructures et innovation

Le premier ministre Trudeau a également indiqué que les mesures et les investissements effectués par son gouvernement se traduiront par une croissance économique, mais qu’elle se ferait sentir à moyen et long terme. « Je crois que les Canadiens comprennent que nous fondons nos politiques sur le long terme lorsque nous créons un programme d’investissement en infrastructures, en innovation et dans les transports en commun », a-t-il indiqué.

Il a souligné que les réductions d’impôts consenties à la classe moyenne avaient des effets plus immédiats qui permettront à ces Canadiens d’améliorer leur sort à moyen et long terme. « Nous ne voulons pas nous concentrer uniquement sur le court terme tout en nous assurant que nous aidons les Canadiens dans l’immédiat ».

De l’eau potable pour les communautés autochtones

Au cours de l’histoire canadienne, a plaidé le premier ministre, le gouvernement a tenté d’aider les communautés autochtones avec des solutions qui étaient peut-être de « bonne foi », mais dont les conséquences se sont avérées désastreuses. Il a expliqué l’échec de ces initiatives par le fait qu’elles aient été « imposées depuis Ottawa ».

Le premier ministre envisage d’aider la cause des communautés autochtones en agissant directement sur le terrain et en modifiant la nature des relations entre le gouvernement fédéral et les peuples autochtones.

M. Trudeau espère notamment faire en sorte que les communautés autochtones aient toutes accès à de l'eau potable. Il se donne cinq ans pour qu'enfin, elles ne soient plus aux prises avec des avis de faire bouillir l'eau.

Il entend également améliorer leurs infrastructures, en construisant des écoles et en envoyant dans les communautés plus de travailleurs sociaux et de travailleurs en santé mentale. « Ce sont des mesures qui les aideront immédiatement », a indiqué M. Trudeau.

Dans cette nouvelle relation, a-t-il expliqué, les communautés seront à même d’identifier les services dont elles ont besoin et la façon dont elles souhaitent les recevoir.

« Nous ne pouvons faire ça - si nous voulons être sincères à propos de notre réconciliation - en leur imposant notre vision de ce dont ils ont besoin et la façon dont ils doivent dépenser cet argent. Ce n’est pas à Ottawa de faire ça », poursuit Justin Trudeau

« C’est pourquoi nous travaillons à développer les capacités de ces communautés, que nous travaillons à développer des organes décisionnels afin qu’ils prennent leurs propres décisions », a-t-il ajouté.

Le premier ministre souhaite entamer un dialogue avec les communautés autochtones afin qu’elles décident de l’utilisation des ressources que le gouvernement met à leur disposition.

« Nous avons mis des centaines d’années pour arriver au point où nous en sommes aujourd’hui et il faudra encore des générations pour ce legs historique. Cependant, pour en arriver à un vrai changement pour les communautés autochtones, il faut leur permettre d’avoir le dernier mot en ces matières. »

Abandon de la réforme électorale

Le premier ministre Trudeau a reconnu que sa décision d'abandonner sa promesse de réformer le mode de scrutin en avait déçu certains, mais il maintient avoir agi parce qu'il « n’y avait aucune ouverture au compromis ».

Il a rappelé que son gouvernement penchait pour un système avec un scrutin préférentiel, alors que le NPD était favorable à un scrutin proportionnel et que les conservateurs souhaitaient le statu quo.

« La seule façon de procéder à des changements aurait été de recourir à un référendum pancanadien sur la réforme du scrutin, ce que je sais contraire au meilleur intérêt des Canadiens. J’ai donc pris la difficile, mais nécessaire, décision de renoncer à cette promesse électorale », a-t-il conclu.

Le premier ministre s’était auparavant félicité de plusieurs de ses réalisations, dont la mise en œuvre de l’accord économique avec l’Union européenne, le projet de loi sur le cannabis et le lancement d’un programme d’aide internationale féministe, « afin de redonner le pouvoir aux femmes et aux filles » à travers le monde.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine