Retour

Trudeau ouvre la discussion avec Pékin en vue d’un accord de libre-échange

Le premier ministre Justin Trudeau confirme que le Canada explore la possibilité de conclure un accord de libre-échange avec la Chine. La tenue de ces « pourparlers exploratoires » est l'une des annonces que le premier ministre canadien a faites jeudi, à l'occasion d'une conférence de presse donnée avec son homologue chinois, Li Keqiang, à Ottawa.

M. Trudeau était en Chine pas plus tard qu'au début du mois et c'est à ce moment qu'avaient filtré les premières informations voulant que les deux pays envisagaient de libéraliser leurs échanges commerciaux.

Le premier ministre canadien a plaidé en faveur d'une relation « forte et stable, basée sur le respect mutuel » avec la Chine, qui est le deuxième partenaire commercial en importance du Canada, après les États-Unis.

Li Keqiang a entamé mercredi soir une visite officielle au Canada. « Peu de Chinois comprennent le français », s'est-il excusé en souriant à une journaliste québécoise, parce que cette dernière avait posé une question en français pour laquelle la traduction, en chinois, se faisait attendre.

Et, à Justin Trudeau qui avait déjà commencé à répondre en français, le premier ministre chinois a lancé en riant : « Je vous fais confiance ».

Des discussions « franches et honnêtes »

C'est dans cette atmosphère apparemment cordiale que Justin Trudeau affirme que les deux pays continueront à discuter de manière « franche et honnête » sur des « choses qui comptent pour nos populations, et pour la communauté internationale en général ».

La perspective que les deux pays en viennent à ratifier un accord d'extradition soulève des inquiétudes, notamment au sein d'organismes tels qu'Amnistie internationale.

À cet égard, le premier ministre chinois a déclaré que l'application de la peine de mort était « conforme aux conditions qui prévalent dans notre pays ». Le dernier mot sur les condamnations à mort revient désormais à la Cour populaire suprême de la République populaire de Chine, a-t-il précisé.

La torture n'est pas acceptable, dit Li Keqiang

« Et il ne doit y avoir aucune torture des gens visés, que ce soit des suspects et des accusés, a ajouté le premier ministre chinois. Tout le monde doit être traité de manière humanitaire. »

« La Chine étant un grand pays [...] je ne peux pas promettre que dans chaque région, chaque personne est traitée chaque fois de manière humanitaire », a reconnu Li Keqiang, qui a ajouté que ceux qui enfreignaient les lois à cet égard faisaient face à la justice.

Le canola et le boeuf

Les deux pays se sont aussi fixé pour but de doubler leurs échanges bilatéraux d'ici 2025.

Justin Trudeau a aussi annoncé être parvenu à assurer, aux exportateurs canadiens de canola, l'accès au marché chinois jusqu'au début de 2020. Cette solution temporaire constitue une bonne nouvelle pour les producteurs du Canada, qui vendent 42 % de leur canola en Chine, un commerce évalué à 2 milliards de dollars par an.

Le litige porte sur la qualité des exportations canadiennes de canola et, à ce chapitre, le premier ministre Trudeau a déclaré que les parties s'entendent pour poursuivre les recherches dans le but de trouver « une solution stable, avec des bases scientifiques ».

Aussi, sur le plan de l'agroalimentaire, la Chine a accepté de lever le moratoire qu'elle maintenait sur les exportations canadiennes de boeuf non désossé provenant d'animaux âgés de moins de 30 mois.

Enfin, le premier ministre libéral a révélé la conclusion, entre les deux pays, d'un accord portant sur le tourisme, ainsi qu'une entente visant à doubler le nombre de visites bilatérales d'ici 2025.

Montréal fait partie de l'itinéraire

Le premier ministre Li Keqiang est en visite officielle au Canada jusqu'à samedi.

Il s'envolera vendredi vers Montréal, où il prendra part à plusieurs activités et rencontres. Il doit s'entretenir avec le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, et le maire de Montréal, Denis Coderre.

Plus d'articles

Commentaires