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Trudeau ouvre une porte, aussitôt refermée, au sujet d'un déficit plus élevé

Le Parti libéral a dû préciser lundi que la situation économique actuelle lui permettrait de suivre le plan économique présenté plus tôt durant la campagne, après que son chef, Justin Trudeau, eut entrouvert la porte à un déficit plus élevé que promis.

Au journaliste de Radio-Canada qui l'interrogeait sur la flexibilité de son engagement à présenter des budgets déficitaires jusqu'en 2019, M. Trudeau a rappelé qu'il avait promis des déficits « modestes » de 10 milliards de dollars pour les deux premières années d'un éventuel mandat libéral, suivis d'un déficit moindre la troisième année, puis d'un retour à l'équilibre.

« On a aussi dit que si la situation s'empirait de façon radicale, on réviserait peut-être ces chiffres-là, mais pour l'instant, on a été très conservateurs, dans le bon sens, dans notre évaluation des chiffres », a expliqué M. Trudeau, s'amusant de son choix de mot. « On a été très prudents dans l'évaluation de nos chiffres », a-t-il immédiatement ajouté.

Dans une déclaration transmise aux médias, une porte-parole libérale, Zita Astravas, a rappelé que l'annonce initiale du plan budgétaire, à la fin août, comprenait la précision suivante : « Si la situation financière se détériore en raison d'un ralentissement de l'économie au cours des prochaines semaines, les libéraux présenteront honnêtement les faits aux Canadiens ».

« Il n'y a pas eu d'ajustement de notre part, il serait donc inexact de suggérer le contraire », a ajouté Mme Astravas.

Justin Trudeau a dû répondre à plusieurs questions, au cours de la dernière semaine, sur le moment où il compte présenter le cadre financier de sa plateforme électorale. Il promet de le dévoiler « au cours de la campagne ».

Le risque de l'inexpérience, selon ses adversaires

Son adversaire néo-démocrate, Thomas Mulcair, continue pour sa part de mettre de la pression. Il a estimé lundi que le délai avant de connaître les détails des revenus et dépenses du programme libéral était un symptôme de l'inexpérience du chef libéral.

« La toute première chose qu'il est obligé de faire, c'est de dire où il prend son argent et sur quoi il va le dépenser », a réclamé Thomas Mulcair.

« Il dit que ça va être minimum 10 milliards de dollars par année. Ça, c'est une dette qui va être sur le dos des générations futures et c'est l'inverse du développement durable », a ajouté M. Mulcair, en martelant qu'il veut pour sa part « réduire les inégalités entre les générations, en étant de bons gestionnaires de l'avoir public ».

À Peterborough, le chef du Parti conservateur, Stephen Harper, en a rajouté en citant l'exemple provincial. « Nous avons vu cette politique en Ontario avec un gouvernement libéral, des déficits modestes qui se sont succédé, se sont amplifiés et, maintenant, la cote de crédit de la province a été abaissée. Nous ne pouvons prendre un tel risque au niveau fédéral », a soutenu M. Harper.

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