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Trudeau présente ses excuses à la suite d’une déclaration controversée sur le sénateur Brazeau

Le premier ministre canadien Justin Trudeau a exprimé ses regrets sur des propos controversés qu'il a tenus au sujet du sénateur conservateur Patrick Brazeau dans une entrevue récemment accordée au Rolling Stone.

En entrevue avec le magazine pour son édition du mois d'août où il apparaît en une, le premier ministre Trudeau est revenu sur le fameux match de boxe qui l’a opposé – alors qu’il n’était qu’un simple député – au sénateur Brazeau, en 2012.

« Je voulais quelqu’un qui ferait office de faire-valoir, et nous sommes tombés sur le sénateur à l’air bagarreur, un dur à cuire issu d’une communauté autochtone. Il avait la tête de l'emploi et offrait un parfait contraste », raconte le premier ministre dans son entrevue.

« C’était le parfait récit, c’est l’histoire que nous voulions raconter », ajoute-t-il.

Les propos de Justin Trudeau ont vivement fait réagir diverses figures politiques autochtones du pays dont Cindy Blackstock, directrice générale de la Société de soutien à l'enfance et à la famille des Premières Nations du Canada.

Pour Mme Blackstock, les propos du premier ministre Trudeau s’inscrivent dans une logique colonialiste.

« [Ces propos] renforce cette dichotomie...cette dichotomie coloniale où il y a les sauvages d’un côté et les civilisés de l’autre. Les sauvages sont toujours les Autochtones alors que les civilisés sont issus des forces coloniales », a-t-elle indiqué.

Justin Trudeau a réagi à la controverse en disant « regretter son choix de mots ».

« Je regrette la façon dont les propos ont été rapportés […] La réconciliation implique que l'on change notre approche et notre mentalité. La façon dont je me suis exprimé ne contribue pas au principe de réconciliation dans lequel mon gouvernement s’est engagé », a précisé le premier ministre en entrevue sur les ondes de CBC.

Le match de boxe Trudeau-Brazeau avait été organisé à des fins caritatives. L’événement avait été hautement médiatisé puisqu’il cristallisait en quelque sorte les tensions entre le parti conservateur, qui était alors au pouvoir, et le parti libéral, qui était devenu le deuxième parti d’opposition après avoir subi un revers historique aux élections générales de 2011.

Le premier ministre Trudeau était finalement sorti vainqueur de cette rencontre, défiant ainsi la plupart des pronostics de l’époque.

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