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Trudeau veut une entente négociée avec les provinces sur les changements climatiques

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, maintient qu'il compte parvenir à une entente négociée avec les provinces quant aux moyens à mettre en œuvre pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le cadre de la lutte contre les changements climatiques.

C'est ce qu'il a fait savoir à l'aube d'une rencontre avec ses homologues des provinces et des territoires, mercredi, à Vancouver, où la stratégie à adopter pour parvenir à ce résultat devrait donner lieu à des débats animés.

Malgré les déclarations du premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, qui assure qu'il n'apposera pas sa signature au bas d'une entente qui comporterait une tarification sur le carbone, Justin Trudeau a refusé d'envisager une solution imposée par son gouvernement.

« Toutes les provinces ont pris l'engagement à Paris de faire partie de la solution, a-t-il répondu lorsqu'il a été interrogé à ce sujet. Ma responsabilité en tant que premier ministre, c'est justement de trouver des façons pour que toutes les provinces travaillent ensemble. »

Dans un discours prononcé un peu plus tôt lors d'une conférence sur les technologies vertes à Vancouver, le premier ministre canadien a fait valoir que la protection de l'environnement ne devrait pas être une question partisane, peu importe les origines et les opinions de ses homologues provinciaux.

Il n'est pas nécessaire de choisir entre une économie forte et un environnement en santé, a-t-il plaidé. Selon lui, l'idée qu'on doive choisir entre les oléoducs et les éoliennes est un faux débat, puisque le Canada a besoin des deux pour atteindre ses objectifs.

Il a rappelé que son gouvernement s'était engagé à investir 75 millions de dollars sur cinq ans afin d'aider les municipalités à répondre aux défis des changements climatiques. Une autre somme de 50 millions sera consacrée à améliorer le bilan environnemental des bâtiments et des infrastructures au pays.

La ministre de l'Environnement du Canada, Catherine McKenna, a pour sa part laissé entendre mercredi que le gouvernement fédéral envisageait sérieusement d'imposer un prix pancanadien sur le carbone. « On doit avoir un prix sur le carbone qui est dans le pays entier », a-t-elle déclaré en entrevue à La Presse Canadienne.

La ministre McKenna se dit consciente que la proposition ne fait pas l'unanimité, mais elle estime que l'inaction du précédent gouvernement conservateur a placé le Canada dans une situation intenable.

La décision finale ne serait pas prise avant que le groupe de travail sur le prix du carbone ne termine ses consultations, dans six mois, a précisé l'entourage de la ministre.

Québec et Queen's Park ne veulent pas d'une solution imposée

Plus tôt en matinée, les premiers ministres du Québec et de l'Ontario, Philippe Couillard et Kathleen Wynne, ont tous deux dit s'opposer à ce que le gouvernement fédéral impose une solution.

« Ce serait une très mauvaise idée, a dit M. Couillard. Ce pays s'est bâti et fonctionne par consensus et équilibre des différentes régions. »

Selon lui, l'objectif de la rencontre doit consister à s'entendre sur des objectifs ciblés de réduction des GES et sur le principe de la tarification du carbone.

Il a rappelé que le Québec et l'Ontario participaient à une bourse du carbone, alors que la Colombie-Britannique a décidé de taxer le carbone. « Ces approches-là sont équivalentes et elles se valent. L'important, c'est qu'on soit ensemble réunis autour du concept, du principe de la tarification », a-t-il déclaré.

Mme Wynne a aussi abondé dans le sens d'un consensus. « Nous devons travailler ensemble pour lutter contre les changements climatiques; nous devons travailler ensemble pour soutenir les économies des provinces et des territoires, donc nous devons avoir des conversations difficiles », a-t-elle soutenu.

« Mais je crois que nous avons la capacité de trouver les solutions », a-t-elle conclu.

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