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Trump a trouvé une oreille attentive auprès des constructeurs automobiles

Quelques jours après son investiture, le président américain ne chôme pas. Mardi matin, il a convié les PDG de trois grands constructeurs américains à une rencontre visant à les convaincre d'investir aux États-Unis. Lundi déjà, il s'était attaqué aux partenariats multilatéraux qu'il juge défavorables à l'économie américaine.

Les constructeurs automobiles ont affiché leur optimisme à l’issue de la réunion avec le président.

« Je pense qu’en tant qu’industrie, nous sommes enthousiastes à l’idée de travailler ensemble avec le président et son administration sur les politiques fiscales, la régulation et le commerce pour réellement créer une renaissance du secteur manufacturier aux États-Unis », a déclaré le PDG de Ford, Mark Fields, à l’issue de la rencontre.

La PDG de General Motors, Mary Barra, a vu une grande occasion pour le secteur privé et le gouvernement de travailler ensemble.

« Les États-Unis sont notre marché national et nous avons hâte de collaborer pour revigorer l’industrie américaine », a-t-elle déclaré.

Nous voulons tous un secteur manufacturier dynamique qui soit mondialement compétitif et qui crée des emplois.

Mary Barra, PDG de GM

Le PDG de Fiat Chrysler, Sergio Marchionne, a indiqué aux journalistes que son entreprise avait un but commun avec la nouvelle administration.

J’apprécie l’objectif du président de faire des États-Unis un bon endroit où faire des affaires.

Sergio Marchionne, PDG de Fiat Chrysler

Il a ajouté que Donald Trump ne leur avait pas fourni de détails sur les assouplissements qu’il envisage au cadre réglementaire. Mais il s’est dit impatient de commencer à travailler avec le président et son administration pour renforcer l’industrie manufacturière américaine.

Quant au président-directeur général de Ford Motor, Mark Fields, il s’est dit très encouragé par les politiques économiques de Donald Trump, très orientées vers la croissance des investissements américains et les emplois.

Il a également salué la décision du président de se retirer du Partenariat transpacifique (PTP).

Nous sommes très encouragés par le président et les politiques économiques qu’il met de l’avant.

Mark Fields, PDG de Ford Motor

« Je veux que de nouvelles usines soient construites ici pour des voitures vendues ici », avait tweeté Donald Trump avant la rencontre.

Le président avait déjà menacé les constructeurs automobiles de leur imposer des droits de douane de 35 % sur les importations de véhicules fabriqués au Mexique.

En vertu de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) duquel M. Trump entend sortir, un véhicule peut être vendu aux États-Unis, au Canada ou au Mexique sans frais de douane, pour peu que 62,5 % des composants du véhicule proviennent des pays membres de l’ALENA.

M. Trump compte sur les dirigeants de Fiat Chrysler Automobiles, Ford Motor et General Motors pour augmenter leur production aux États-Unis et dynamiser l’emploi dans le pays. Les trois constructeurs exploitent actuellement 27 usines d’assemblages aux États-Unis et 7 au Mexique.

Nous déployons de grands efforts pour avoir de nouvelles usines automobiles et d’autres usines, beaucoup d’autres.

Donald Trump

Il s'est engagé à assouplir le cadre réglementaire et à réduire les impôts payés par les compagnies qui gardent leurs emplois aux États-Unis, mais n’a pas fourni plus de détails.

L'histoire se souviendra de mon administration comme ayant été « la plus sympathique » aux besoins du monde des affaires, a affirmé le milliardaire.

General Motors, Ford et Chrysler ont récemment annoncé de nouveaux investissements et des créations d’emplois aux États-Unis, mais continuent d’investir au Mexique.

En 2014, GM annonçait des investissements de 5 milliards de dollars au Mexique d’ici 2018, pour lui permettre de doubler sa capacité de production, et son PDG a affirmé que ce projet n’était pas remis en question. Le constructeur a aussi mis fin à deux lignes de productions de petites voitures en Ohio et au Michigan, supprimant quelque 2000 postes.

De son côté, Ford a renoncé la semaine dernière à construire une usine de 1,6 milliard de dollars au Mexique et investira plutôt 700 millions de dollars dans une manufacture au Michigan. Ford transférera la production de sa Focus du Mexique au Michigan, mais réduira la production totale des véhicules en consolidant leur assemblage dans une usine existante au Mexique.

Le Canada optimiste

Le Canada et les États-Unis ont un secteur automobile hautement intégré, basé sur le partenariat, selon le ministre canadien de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique, Navdeep Bains, actuellement à Calgary pour la retraite du Cabinet du gouvernement Trudeau.

« Notre main-d’œuvre hautement qualifiée et nos entreprises innovantes soutiennent et renforcent la compétitivité de la production aux États-Unis, avec des pièces traversant nos frontières à plusieurs reprises avant l’assemblage final d’un véhicule », a-t-il ajouté.

Nous avons bon espoir que la nouvelle administration verra que le partenariat avec le Canada renforce nos deux nations et renforce la compétitivité du secteur automobile américain

Navdeep Bains

Certains des véhicules les plus rentables vendus aux États-Unis par les trois grands constructeurs de Détroit sont encore construits au Mexique. En 2015, la valeur des exportations de véhicules du Mexique aux États-Unis dépassait les 50 milliards de dollars américains et les exportations de pièces détachées valaient environ le même montant.

Le poids de Trump

Cette rencontre représente un autre signe d’interventionnisme hors du commun d’un président dans les affaires des entreprises alors qu’il a fait pression de manière répétée sur les constructeurs automobiles et d’autres manufacturiers pour « acheter américain et embaucher des Américains ».

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