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Trump accuse le renseignement américain de donner illégalement de l'information aux médias

Donald Trump s'attaque une fois de plus aux services de renseignements et aux grands médias américains, au lendemain de nouvelles révélations selon lesquelles des membres de son entourage ont multiplié les contacts avec des responsables des services de renseignements russes pendant sa campagne électorale.

Selon le New York Times, qui a révélé l’histoire mardi soir, ces contacts sont prouvés par des écoutes électroniques et des registres téléphoniques dont l’existence a été confirmée par quatre sources travaillant ou ayant travaillé pour le gouvernement américain. CNN publie les mêmes informations.

Le quotidien new-yorkais indique que les services de renseignements américains, dont l’Agence nationale de la sécurité (NSA), ont intercepté des conversations entre des associés de M. Trump et des Russes lors d’opérations de routine. C'est à ce moment que les agences de renseignement ont découvert des preuves que Moscou tentait de s’ingérer dans l’élection présidentielle en piratant les serveurs du Parti démocrate.

Les services de renseignements ont ensuite tenté de déterminer si des membres de l’entourage de Donald Trump se concertaient avec des Russes dans le cadre de ces piratages ou autrement. Aucune preuve de cette collusion n’a été trouvée jusqu’ici, selon les sources du New York Times.

Trump dénonce la « haine aveugle » des médias à son endroit

« Les médias de fausses nouvelles deviennent fous avec leurs théories du complot et leur haine aveugle », a-t-il réagi sur Twitter mercredi matin, soulignant du coup que les réseaux MSNBC et CNN « ne sont pas regardables », avant de faire l’éloge de l’émission matinale de Fox.

Le vrai scandale ici, c’est que de l’information confidentielle est donnée illégalement comme des bonbons par le "renseignement". Ce n’est pas Américain!

Tweet de Donald Trump

« Cette connexion russe est un non-sens qui sert simplement à couvrir les nombreuses erreurs commises pendant la campagne perdante de Hillary Clinton », a-t-il poursuivi dans un second message.

De l’information est donnée illégalement aux médias incompétents (failing) New York Times et Washington Post par la communauté des renseignements (NSA et FBI?). Comme en Russie.

Donald Trump sur Twitter

Le Washington Post n’est pas impliqué dans les plus récentes révélations, mais ses articles sur les contacts entre l’ambassadeur russe aux États-Unis et le conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn, également appuyés sur des sources au sein des services de renseignements, ont entraîné le congédiement de M. Flynn mardi soir.

Les sources du New York Times ont refusé de dévoiler de nombreux détails sur les registres d’appels et les écoutes électroniques. Le contenu des appels, l’identité des membres des services de renseignements russes contactés et le nombre de proches du président américain impliqués ne sont par exemple pas connus.

Le quotidien et le réseau CNN soulignent tous deux qu’il n’est pas inhabituel que des membres d’une équipe électorale entrent en communication avec des représentants de gouvernements étrangers. Ils sont toutefois étonnés par la fréquence de ces communications.

Des républicains veulent connaître le fond de l'affaire

Des sénateurs républicains réclament des éclaircissements sur les relations qu'auraient établies, avec la Russie, des membres de l'entourage du président Trump.

Certains, comme Bob Corker, président du comité sénatorial des relations étrangères, souhaitent voir Michael Flynn - conseiller à la sécurité nationale démissionnaire - témoigner devant le Congrès.

« Faisons la lumière le plus rapidement possible sur cette affaire avec la Russie », a déclaré le sénateur Corker, sur les ondes de la chaîne MSNBC.

Je veux m'assurer, avec toute cette suspicion, que tout le monde comprenne bien ce qui s'est passé. Autrement, peut-être y a-t-il un problème plus profond que ce que nous suspectons actuellement.

Bob Corker, sénateur républicain du Tennessee

De son côté, le sénateur Lindsey Graham de la Caroline du Sud réclame la tenue d'une vaste enquête bipartisane au Congrès; une enquête qui serait menée par un comité créé pour l'occasion. La possibilité que l'équipe Trump ait, durant la campagne présidentielle, communiqué avec la Russie est « très préoccupante » aux yeux du sénateur Graham.

Et la Russie doit payer un prix relativement à toute interférence dans notre démocratie ou dans toute autre démocratie. Et tout membre du personnel de [Donald] Trump, qui a travaillé avec les Russes de manière inacceptable, doit aussi payer un prix.

Lindsey Graham, sénateur républicain de Caroline du Sud, sur les ondes d'ABC

Cependant, tant le chef de la majorité au Sénat américain, Mitch McConnell, que le président de la Chambre des représentants, Paul Ryan, s'opposent à la création d'un comité spécial au Congrès. Ils préconisent plutôt d'examiner cet enjeu au sein des comités déjà existants.

Le FBI enquête

Les informations obtenues par la NSA font maintenant partie d’une enquête du Federal Bureau of Investigation (FBI). La police fédérale passe également au peigne fin des relevés bancaires et des relevés de voyage, selon les sources du Times.

« Ne croyez pas les informations des journaux, il est très difficile en ce moment de les différencier des intox et des canulars », a commenté mercredi matin le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, en conférence de presse.

Soulignant que les sources du journal américain sont anonymes, M. Peskov a estimé que « le temps est peut-être venu que quelqu'un parle de tout ça à visage découvert ».

« Si vous le voulez bien, attendons (que cela ait lieu) et ne croyons pas à des informations anonymes, ce sont des informations appuyées par aucun fait », a-t-il martelé.

Deux jours après le scrutin présidentiel, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergei Ryabkov, avait reconnu qu’il y avait eu des contacts entre des responsables russes et des membres de l’équipe de M. Trump pendant la campagne électorale. « À l’évidence, nous connaissons la majorité des gens de son entourage », avait-il déclaré à l’agence russe Interfax.

M. Trump maintient pour sa part que personne de sa campagne n’a eu de contacts avec des responsables russes avant l’élection, a affirmé mardi son porte-parole, Sean Spicer.

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