Donald Trump est un électron libre, plus imprévisible et plus dangereux que jamais pour les républicains. Il l'a écrit sur Twitter : « Je n'ai plus rien qui m'enchaîne au Parti républicain ».

Christian Latreille

  Une analyse de Christian Latreille

Depuis que Paul Ryan, président de la Chambre des représentants et élu républicain le plus important à Washington, l'a officiellement laissé tomber, lundi, le milliardaire new-yorkais n'a plus d'attache et tire dans toutes les directions.

Par une série de tweets au vitriol, Donald Trump a déclaré la guerre au parti et aux républicains qui ne veulent plus l'appuyer.

Il qualifie Paul Ryan de leader faible et inefficace. Il ajoute qu'il va montrer aux républicains déloyaux comment gagner.

Le mariage de raison entre Donald Trump et la formation politique de Ronald Reagan ne tient plus. C'est maintenant chacun pour soi.

Un parti en plein cauchemar

La division, en pleine campagne électorale, est le pire des cauchemars pour un parti politique.

À quatre semaines du vote, les républicains ne sont pas seulement désunis, ils sont en pleine guerre civile. On ne parle plus de mésententes, c'est maintenant un match sans merci entre les pro-Trump et les anti-Trump.

Donald Trump doit maintenant se battre sur deux fronts : contre Hillary Clinton et contre le puissant establishment du Parti républicain.

Il va désormais faire campagne comme bon lui semble sans tenter de plaire à qui que ce soit.

Difficile de le croire, mais certains affirment qu'il se retenait jusqu'ici pour ne pas indisposer certains dirigeants du parti.

Quel sera le prix à payer pour le parti?

Est-ce que Paul Ryan a commis une erreur en larguant Donald Trump au beau milieu de la campagne dans l'espoir de sauver sa majorité à la Chambre?

Et si les millions de partisans de Trump décidaient de ne plus appuyer les représentants et les sénateurs républicains qui tenteront de se faire réélire le 8 novembre prochain?

Le mot d'ordre est déjà lancé dans certains États : n'appuyez aucun républicain qui ne vote pas pour Donald Trump.

Ryan n'en pouvait plus de Trump

Depuis le début, Paul Ryan n'a jamais vraiment appuyé la candidature de Donald Trump. Mais sa décision de ne plus faire campagne pour Trump pourrait-elle lui faire perdre et la Chambre et le Sénat?

Avec 11 points d'avance dans les sondages pour Hillary Clinton, les démocrates peuvent se permettre de rêver.

D'autant plus que la vidéo diffusée vendredi par le Washington Post ne passe pas. La vulgarité et la violence du langage de Trump à l'égard des femmes sont devenues toxiques.

Le Parti républicain, qui représente le parti des valeurs familiales, morales et religieuses, est dépassé par les événements et tente de sauver les meubles.

Pendant ce temps, le candidat Trump, appelons-le comme ça, n'a plus de comptes à rendre même si Reince Priebus, le président du parti, l'entité administrative républicaine, lui assure sa fidélité pour l'instant.

Mais ce ne sera pas facile pour Trump de gagner sans l'appui des leaders au Congrès et avec un parti désorganisé.

Les républicains n'ont maintenant qu'eux à blâmer. Ils savaient pertinemment dans quelle galère ils s'embarquaient avec Donald Trump.

Si le parti semble au bord de l'implosion, beaucoup de républicains n'attendent qu'un scandale du côté des démocrates pour remonter à bord du bateau.

Lorsque le navire prend l'eau, on blâme souvent le capitaine en politique. Mais tous ces républicains étaient pourtant prêts à vivre avec Donald Trump, il y a quelques semaines, lorsqu'il menait dans les sondages.

Il reste encore quatre semaines à cette folle campagne. Ce serait une erreur pour les démocrates de sous-estimer la capacité de Donald Trump à rebondir. S'il perd, le parti en sera débarrassé, mais s'il gagne, plusieurs vont regretter d'avoir quitté le bateau un peu trop vite.

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