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Trump dévoile son plan pour ses 100 premiers jours au pouvoir

Dans une vidéo publiée lundi, le président désigné des États-Unis, Donald Trump, a annoncé une série de sept mesures qu'il entend mettre en oeuvre par décrets présidentiels dès son assermentation, le 20 janvier, afin de mettre « l'Amérique d'abord ». Parmi celles-ci : le retrait du pays du Partenariat transpacifique (PTP) et l'abolition de restrictions nuisant, selon lui, à l'exploitation du pétrole et du gaz de schiste et le « charbon propre ».

Le président entend également demander au Pentagone et au chef d'État-major de mettre sur pied « un plan complet destiné à protéger les infrastructures vitales des États-Unis des cyberattaques et de toutes les autres formes d'attaque », et au prochain secrétaire au Travail d'enquêter « sur les abus des programmes de visas » afin de protéger les travailleurs américains.

Donald Trump a également annoncé son intention d'ordonner que chaque nouvelle réglementation entraîne obligatoirement l'abrogation de deux autres, et que les membres de son exécutif ne puissent pas faire de lobbyisme dans les cinq années suivant leur départ, une interdiction qui s'appliquerait à perpétuité pour tout démarchage effectué au profit d'un gouvernement étranger.

L'engagement de M. Trump envers l'abolition de restrictions visant les producteurs de charbon ne constitue pas une surprise, dans la mesure où il a promis de ranimer cette industrie pendant la campagne. Ces promesses ont pu jouer un rôle dans sa victoire dans certains États-clés, comme la Pennsylvanie et l'Ohio.

Trump préfère les « accords bilatéraux »

Le retrait annoncé des États-Unis du PTP, un accord commercial qui inclut le Canada et 10 autres pays de la région Asie-Pacifique, est sans contredit la mesure qui suscite le plus de réactions dans le monde, même si elle avait été annoncée pendant la campagne électorale.

M. Trump dit préférer signer des « accords bilatéraux » avec divers pays, approche plus efficace, selon lui, pour créer des emplois et stimuler le secteur industriel.

Le premier ministre japonais, Shinzo Abe, a d'ores et déjà souligné que le PTP, sans les États-Unis, serait « dénué de sens ». « Il est impossible de renégocier le PTP et, le cas échéant, cela déstabiliserait l'équilibre fondamental des intérêts », a-t-il fait valoir.

Le PTP, annoncé en octobre 2015, a pour objectif de libéraliser les échanges et créer des normes communes pour un nouvel ensemble de 800 millions de personnes représentant 40 % de l'économie mondiale.

Il n'est toujours pas entré en vigueur, puisqu'il n'a été ratifié par aucun des États concernés jusqu'à présent (Canada, États-Unis, Japon, Mexique, Chili, Pérou, Australie, Nouvelle-Zélande, Malaisie, Vietnam, Singapour et Brunei).

Le traité constitue une pierre d'assise de l'approche commerciale préconisée par l'administration Obama. Il était présenté comme un moyen d'accroître l'influence des États-Unis dans la cour arrière de son grand rival chinois.

Le champ libre à Pékin?

Sa mort annoncée pourrait inciter des pays signataires à se tourner vers le Partenariat économique intégral régional (RCEP), une initiative pilotée par Pékin visant à réunir les dix pays membres de l'Association des nations du Sud-Est asiatique (Brunei, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Birmanie, Philippines, Singapour, Thaïlande, Vietnam) et leurs partenaires commerciaux régionaux (Japon, Australie, Inde, Corée du Sud, Nouvelle-Zélande).

Comme le PTP, le RECP, qui fait toujours l'objet de négociations, vise à supprimer des barrières tarifaires et non-tarifaires, mais affiche beaucoup moins d'ambitions sur l'harmonisation de certaines normes. Il protège aussi certains produits de la levée des barrières douanières, afin de préserver des secteurs locaux, et autorise les pays moins développés à s'accorder plus de temps pour respecter les règles de l'accord.

Le PTP prévoit pour sa part l'ouverture des appels d'offres nationaux par les pays membres aux entreprises étrangères sans avantages indus pour leurs propres entreprises publiques, la détermination de normes communes pour le commerce électronique et les services financiers, le respect du droit du travail, selon les normes de l'Organisation internationale du travail.

Le PTP suscite bien des critiques

De nombreuses organisations non gouvernementales ont critiqué l'accord, en plaidant qu'il déboucherait sur une déréglementation généralisée au bénéfice exclusif des multinationales. Elles ont aussi dénoncé les effets pervers d'un texte jugé opaque sur les droits des travailleurs, l'environnement, la perte de souveraineté ou encore l'accès aux médicaments.

Au Canada, le gouvernement Trudeau et sa ministre du Commerce international, Chrystia Freeland, n'ont jamais caché qu'ils appuyaient cet accord, même s'il a été négocié par le gouvernement conservateur de Stephen Harper. Ils reconnaissaient toutefois la nécessité de soutenir certaines industries dans l'éventualité d'une ratification.

L'accord est notamment contesté par les agriculteurs du pays, qui craignent l'érosion du système de gestion de l'offre en vigueur pour certains marchés (lait, oeufs, volaille).

Le cofondateur de RIM, Jim Balsillie avait quant à lui dit craindre la perspective que les inventeurs canadiens soient contraints de se plier aux règles négociées par les États-Unis en matière de propriété intellectuelle.

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