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Trump doit cesser de traiter la presse en « ennemi du peuple », insiste un sénateur républicain

Un sénateur républicain dénonce l'utilisation par le président des États-Unis, Donald Trump, des termes « fausses nouvelles » et « ennemi du peuple » pour décrire les médias.

Le sénateur de l’Arizona Jeff Flake, critique de longue date de M. Trump, a déclaré dans un discours prononcé mercredi au Sénat que le président utilisait le même langage que le dictateur soviétique Joseph Staline dans ses attaques répétées contre la crédibilité de la presse.

Jeff Flake, dont le mandat se termine en novembre, dispose d'une importante liberté de parole au sein du Grand Old Party, puisqu’il a annoncé l’an dernier qu'il ne se représentera pas.

« "Ennemi du peuple", c'est ainsi que le président a qualifié la presse libre en 2017. Notre propre président utilise les mêmes mots prononcés par Joseph Staline pour dépeindre ses ennemis », a lancé l'élu républicain, en ajoutant que « même Nikita Krouchtchev [le successeur de Staline] a interdit l'usage » de cette expression.

Il a poursuivi en disant que M. Trump avait « tout faux ». Le despotisme est l'ennemi du peuple, a-t-il rappelé, tandis que la presse libre est l'ennemi du despotisme et le gardien de la démocratie.

Le sénateur, dont les joutes verbales avec le président sont fréquentes, souvent sur Twitter, a aussi accusé le milliardaire new-yorkais de se livrer à un « vandalisme moral » contre la vérité, comme lorsqu'il a remis en question la légitimité de la nationalité de Barack Obama.

À l’instar des ONG de défense des droits de l’homme, le sénateur croit que l'attitude du président encourage les régimes autoritaires dans le monde entier à persécuter la presse.

« 2017 a été l'année qui a vu la vérité – objective, empirique, basée sur des faits – mise à mal comme elle ne l'avait jamais été dans l'histoire de notre pays », a martelé M. Flake.

Le sénateur prétend que les impulsions qui sous-tendent les attaques de Donald Trump « ne sont pas bénignes ». « Elles ont pour effet d'éroder la confiance dans nos institutions et de conditionner le public à ne plus leur faire confiance. On ne saurait trop insister sur l'effet destructeur de ce genre de comportement sur notre démocratie », a-t-il souligné.

En tant que républicain, M. Flake dit qu'il a honte de M. Trump et que les politiciens des deux partis doivent lui opposer une résistance.

« Sans vérité et sans adhésion au principe de fidélité à la vérité et aux faits, M. le Président, notre démocratie ne survivra pas », a conclu M. Flake.

L’Arizona à l’assaut

Mercredi, le deuxième sénateur de l’Arizona, John McCain, a lui aussi appelé sur un ton ferme Donald Trump à mettre fin à ses attaques contre les journalistes.

« Que M. Trump en soit conscient ou pas, ses actes sont observés de près par des dirigeants étrangers qui utilisent déjà ses mots comme excuse » pour limiter la liberté de la presse, a souligné John McCain dans un texte d'opinion publié dans le Washington Post.

Le sénateur de l'Arizona dénonce en particulier l'attitude « incohérente », voire « hypocrite », de l'administration Trump vis-à-vis de la liberté de la presse.

« L'expression "fake news" à laquelle le président a donné une légitimité est utilisée par des autocrates pour réduire au silence des journalistes », écrit-il.

« La liberté de l'information est cruciale au succès de la démocratie », conclut-il.

Le président a publié mercredi soir un message sur Twitter annonçant que les gagnants des « Fake News Awards », pour les médias qu'il juge les plus corrompus et les plus biaisés, avaient été choisis. La page en question, hébergée sur le site du Republican National Committee (GOP.com), présente une liste de 11 noms, où il montre CNN du doigt à quatre reprises, le New York Times, deux fois, et où il dénonce ABC News, le magazine Time, le Washington Post, Newsweek et l'ensemble des reportages sur la présumée ingérence russe dans l'élection présidentielle. Le tout se termine par une énumération de 10 de ses réalisations.

Donald Trump a ajouté deux autres tweets, où il affirme que « malgré une couverture médiatique parfois très corrompue et malhonnête, il y a plusieurs grands journalistes que je respecte et beaucoup de BONNES NOUVELLES [sic] qui peuvent rendre le peuple américain fier ». Le président ajoute par la suite que « le groupe armé État islamique est en déroute » et que « l'économie est en plein essor ». « Ensemble, il n'y a rien que nous ne puissions surmonter - même un média très biaisé », lance-t-il.

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