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Trump en Asie : « Le président utilisera le langage qu'il voudra »

Le Japon, la Corée du Sud, la Chine, le Vietnam et les Philippines composent l'itinéraire de Donald Trump pour son premier voyage officiel en Asie à titre de président des États-Unis. En tête de liste des discussions prévues : l'économie et la sécurité, notamment face à la menace nucléaire posée par la Corée du Nord.

Un texte d'Anne Marie Lecomte

À l'égard de ce voyage, le plus long qu'entreprend un président en Asie en un quart de siècle, les préoccupations sont également protocolaires : le bouillant président saura-t-il respecter les convenances et l'étiquette chères aux Asiatiques?

« Le président utilisera le langage qu'il voudra », a rétorqué aux journalistes le conseiller national à la sécurité de Donald Trump, H. R. McMaster, jeudi.

Les occasions officielles, et donc protocolaires, ne manqueront pas durant ce séjour de douze jours en Orient, puisque le président Trump aura des entretiens bilatéraux avec, respectivement, le premier ministre japonais Shinzo Abe et le président chinois Xi Jinping. De plus, il participera à deux sommets régionaux, soit celui de la Coopération économique de la zone Asie-Pacifique (APEC), à Hanoï, et celui de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ANASE) à Manille.

À partir d'Hawaï, où l'a emmené l'avion Air Force One vendredi, Donald Trump s'envolera vers le Japon, qui vient tout juste de recevoir la visite de sa fille Ivanka. Les Japonais disposent de la plus importante balance commerciale positive avec les États-Unis, tout juste derrière la Chine, ce qui irrite le chef de la Maison-Blanche, féru de protectionnisme. Pour Tokyo, il importe donc de réaffirmer ses liens avec Washington à l'ère du « Make America Great Again » de Donald Trump.

Être à Séoul et parler de Pyongyang

La coopération économique sera également à l'ordre du jour en Corée du Sud, étape suivante du voyage présidentiel. Selon des sources du Washington Post, le président américain aurait ordonné à ses conseillers de préparer le retrait américain du traité de libre-échange conclu il y a plus de cinq ans avec Séoul.

Mais les discussions en Corée du Sud porteront aussi sur le régime nord-coréen de Kim Jong-un, dont le programme balistique, destiné à contrer la « politique hostile » de Washington, est perçu par la Maison-Blanche comme la principale menace pesant sur les États-Unis.

En Chine, Donald Trump discutera aussi de la menace nord-coréenne en tentant peut-être d'inciter Pékin à isoler Pyongyang tant économiquement que politiquement.

Dans une entrevue accordée au réseau de télévision Fox, Donald Trump s'est vu demander s'il comptait adopter la ligne dure avec Pékin sur des questions telles que le commerce, le vol de propriété intellectuelle et les subventions. « Vous devez comprendre une chose très importante, a répondu le président. Nous avons un problème appelé Corée du Nord. » De l'avis de M. Trump, Xi Jinping « a fait un travail formidable » en retirant Pyongyang des systèmes bancaires et pétroliers.

Par ailleurs Donald Trump entend faire valoir que le Japon pourrait bien se positionner militairement dans le but de contrer la Corée du Nord. « [Le Japon] est une nation de guerriers, vous savez, a affirmé M. Trump, et je dis à la Chine et à tous les autres qu'ils auront très bientôt un sérieux problème s'ils laissent aller la situation avec la Corée du Nord. »

Trump en privé avec son homologue chinois

Le président chinois doit également s'attendre à ce que son homologue américain lui parle commerce... « Je crois qu'on peut supposer qu'en privé, il [Donald Trump] dira à Xi Jinping : ''Je vous ai dans le collimateur au sujet du commerce" », affirme Christopher Johnson, spécialiste de la Chine au Centre d'études stratégiques et internationales de Washington.

Au Vietnam, l'enjeu consistera à tenter de convaincre Donald Trump d'intensifier la présence américaine dans la région, histoire de faire contrepoids à la Chine. Enfin aux Philippines, la rencontre entre M. Trump et son homologue Rodrigo Duterte ne manquera pas d'être intéressante. Barack Obama avait critiqué le combat mené par le président philippin contre les drogues illégales, ce que n'a pas fait Donald Trump, qui a plutôt invité, en mai dernier, le président philippin à visiter la Maison-Blanche.

Qualifiée de meurtrière par Amnistie internationale, cette politique aurait causé la mort de 7000 personnes sous couvert de lutte contre le trafic de drogue, selon Amnistie internationale. Le président Duterte nie toutes exactions.

Loin des yeux, loin de l'actualité?

Reste à savoir si cette absence de douze jours de Washington éloignera véritablement Donald Trump de ses soucis en terre américaine.

Lundi, son ancien directeur de campagne, Paul Manafort, et un de ses associés, Rick Gates, ont plaidé non coupables à de nombreuses accusations découlant de l'enquête sur une possible collusion entre l'équipe Trump et la Russie.

L'actualité récente a aussi été marquée par l'attaque perpétrée à New York qui a fait huit morts. Avant même la tenue du procès, la peine de mort a été réclamée par le président Donald Trump pour le jeune homme inculpé dans cette affaire.

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