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Trump évoque la guerre de 1812 dans une conversation tendue avec Trudeau sur les tarifs douaniers

Donald Trump et Justin Trudeau ont eu un entretien téléphonique bilieux, le 25 mai dernier, au sujet de l'imposition des tarifs douaniers américains sur l'acier et l'aluminium canadiens.

Le réseau CNN rapporte que, durant cette conversation, le président américain a fait référence à la guerre de 1812 lorsque Justin Trudeau lui a demandé comment il pouvait justifier de tels tarifs sur les métaux en prétextant un enjeu de « sécurité nationale ».

Selon les informations de CNN, confirmées par CBC News, Donald Trump a répondu du tac au tac : « Les Canadiens n’ont-ils pas brûlé la Maison-Blanche? »

Or, il s’agit d’une erreur historique, puisque ce sont les troupes britanniques qui ont incendié la Maison-Blanche durant la guerre de 1812.

Les historiens s’entendent pour dire que l’attaque des Britanniques sur Washington était une riposte contre l'assaut mené par les troupes américaines sur York, en Ontario, un territoire qui allait par la suite devenir le Canada (qui était alors une colonie anglaise).

L’incendie de Washington a eu lieu le 24 août 1814.

La Maison-Blanche n’a pas voulu commenter l’entretien téléphonique entre les deux dirigeants.

Les tarifs de la discorde

Le 1er juin dernier, l’imposition des tarifs douaniers américains de 25 % sur les importations d'acier et de 10 % sur les importations d'aluminium en provenance du Canada, du Mexique et des 28 pays membres de l'Union européenne est entrée en vigueur. Cette décision de l’administration a été décriée des deux côtés de l’Atlantique. Plusieurs craignent le début d’une guerre commerciale.

Justin Trudeau a publiquement dénoncé le fait que les États-Unis s’appuient sur un article rarement utilisé dans une loi sur le commerce datant de 1962, qui permet au président de décréter des tarifs douaniers sur certaines importations si cela est jugé nécessaire pour la sécurité nationale.

En entrevue dimanche dernier à l'émission du réseau américain NBC Meet The Press, M. Trudeau a jugé « insultant et inacceptable » que les États-Unis évoquent la sécurité nationale pour justifier l'imposition de tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium.

Au cours de ce même entretien, le premier ministre canadien avait aussi été interrogé sur le litige concernant l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) et la clause de temporisation (sunset clause) à laquelle l’administration Trump tient tant.

Justin Trudeau a dit qu’il était « insensé » d'ajouter une telle clause à la nouvelle mouture, puisqu'elle pourrait nuire à l'investissement au Canada.

Tensions entre Trump et Trudeau

Lors d’une conférence de presse à la Maison-Blanche mercredi, le principal conseiller économique de Donald Trump, Larry Kudlow, a été interrogé sur l’état actuel des relations entre les États-Unis et le Canada.

Il a dit que le président américain parlait « régulièrement » avec son homologue canadien « et qu'il continuait de le faire ».

« Je n’ai aucun doute que les États-Unis et le Canada vont demeurer des amis et des alliés solides » malgré leurs désaccords occasionnels, a-t-il dit.

M. Kudlow a également mentionné qu’il qualifiait la relation entre les deux pays de « très bonne ».

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a aussi été interrogée, mercredi, sur l’état des relations entre M. Trudeau et M. Trump à la suite de leur conversation téléphonique tendue au mois de mai.

« En même temps, poursuit Mme Freeland, comme le premier ministre a dit, jeudi [dernier], les États-Unis ont pris une action illégale contre ses alliés, incluant le Canada. Et la réponse du Canada était forte et c’était absolument nécessaire. »

D’autres sanctions?

Selon le Washington Post, des représentants de la Maison-Blanche discutent de manières d’imposer des sanctions économiques additionnelles au Canada, en réponse à la décision d’Ottawa d’imposer des surtaxes sur certains produits provenant des États-Unis.

Les États-Unis n’ont cependant pas avisé le Canada qu’ils envisagent de nouveaux tarifs, a confirmé CBC News.

Jeudi dernier, Ottawa a répliqué aux tarifs douaniers en créant deux listes de produits qui seront surtaxés : une liste qui inclut des produits d’acier et d’aluminium, et une autre qui comprend une multitude de produits courants, comme des fruits et légumes, du whisky, du chocolat, etc.

Selon des sources du Washington Post, il existe des visions divergentes au sein de la Maison-Blanche, à savoir comment traiter le Canada, un pays allié. Le secrétaire américain au Trésor, Steve Mnuchin, tenterait de convaincre les deux partis de désamorcer les tensions.

Une approche conflictuelle avec les leaders mondiaux

Les conflits commerciaux sont source d’irritants à l’aube du sommet du G7 qui aura lieu les 8 et 9 juin à La Malbaie.

Mais il y a aussi d’autres dossiers chauds, comme l’environnement ou encore le retrait des États-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien.

Selon le Washington Post, le président Trump entend se servir du sommet du G7 pour affronter les dirigeants mondiaux qui s’indignent contre ses méthodes protectionnistes.

Justin Trudeau s’attend lui aussi à avoir des discussions corsées avec M. Trump.

La chancelière allemande Angela Merkel a exprimé, mercredi, les mêmes inquiétudes.

« Je vais essayer de parler des problèmes actuels que nous avons tous avec le président américain, particulièrement le dossier de l’Iran et les tarifs douaniers », a-t-elle indiqué.

Le G7 Finances, qui s’est déroulé la fin de semaine dernière à Whistler, en Colombie-Britannique, s’est terminé sur une note d'inquiétude et de déception en raison des récentes mesures du président Donald Trump.

La situation avait d’ailleurs poussé le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, à dire que « cette réunion du G7 est plutôt un "G6 plus un", avec des États-Unis seuls contre tous, qui font courir le risque de déstabilisation économique à la planète ».

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