Non, le titre n'est pas une vraie citation, mais une représentation de ce qui se passe dans la tête de bien des républicains. Dans les derniers jours, les signaux se sont multipliés. D'abord subtils, puis plus bruyants. Immanquables. Les républicains se font à l'idée : Donald Trump risque fort d'être leur porte-étendard cet automne.

Yanik Dumont Baron

  Un texte de Yanik Dumont Baron

Le gouverneur de la Floride a été l'un des premiers à le dire publiquement. « Il est temps de mettre fin au mouvement "Stop Trump" », écrivait Rick Scott sur sa page Facebook. C'était au lendemain d'une série de cinq victoires décisives sur ses deux adversaires. « Les leaders républicains à Washington ne l'ont pas choisi, poursuivait-il, mais les électeurs républicains de partout aux États-Unis l'ont choisi. Les électeurs ont parlé. »

Un appel à l'unité qui a trouvé écho dans les corridors du Congrès à Washington. Plusieurs élus sont sortis de leur réserve. Ils ont trouvé des façons de dire du bien du controversé milliardaire. « C'est une sorte de changement bienvenue », croit le sénateur Bob Corker, en parlant de la politique étrangère de Donald Trump. « Il y a du bien qui peut sortir de tout cela. »

Le changement d'attitude était plus notable chez le sénateur John Cornyn. Il y a deux mois, il comparait Donald Trump à un boulet attaché à la cheville du Parti républicain. Maintenant, l'élu voit les choses autrement. Il croit que le milliardaire pourrait faire gagner son parti dans des États normalement emportés par l'adversaire démocrate. « Je pense que ça va être OK, lançait-il. Il ne faut pas désespérer. »

La dure réalité de la campagne des primaires explique bien sûr ce changement d'attitude. Les gens qui n'aiment pas Donald Trump n'ont pas encore réussi à lui bloquer la route. L'Indiana, qui vote la semaine prochaine, s'annonce comme leur dernière occasion de le faire. Et les prévisions ne sont plus très encourageantes pour leur camp.

Quelle autre option?

Les républicains ont une autre donnée à considérer: qui serait leur porte-étendard, si ce n'est pas Trump?

Ce n'est pas un secret: Ted Cruz, le principal rival du milliardaire, n'est pas beaucoup aimé de ses collègues républicains. Pour certains, « détesté » serait un mot plus juste. John Boehner, l'un des républicains les plus puissants à Washington jusqu'à tout récemment, a résumé le sentiment: « je n'ai jamais travaillé avec un fils de pute plus misérable. »

Les insultes de l'ancien président de la Chambre des représentants (il a aussi comparé Cruz au « diable en personne ») sont un autre signal :les républicains modérés, les élites du parti, ne vont pas s'accommoder du très conservateur et intransigeant Ted Cruz. Le sénateur du Texas ne semble plus représenter l'espoir des « anti-Trump ».

Dans cette course, il reste aussi le gouverneur de l'Ohio qui n'a remporté qu'un seul État dans les primaires. Mais, comme pour Ted Cruz, les espoirs de John Kasich reposent sur une convention négociée. Une convention où toutes les divisions créées par la candidature de Donald Trump seraient exposées au grand jour. Pour le plaisir des réseaux américains de télé.

Ce n'est pas pour dire que les républicains aiment l'idée que le milliardaire devienne leur porte-étendard. Certains réfléchissent aux meilleures façons de faire campagne en dépit de sa présence. De grands bailleurs de fonds ont aussi choisi de concentrer leurs efforts sur d'autres batailles, refusant de s'impliquer dans la campagne présidentielle.

En janvier, le sénateur Lindsey Graham avait livré un jugement bien tranché sur le choix qui se présentait aux républicains. Choisir entre Ted Cruz et Donald Trump, disait-il, c'était comme choisir entre le poison ou le peloton d'exécution. Le sénateur a fait son choix (Cruz); bien de ses collègues semblent préférer l'autre option.

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