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Trump maintient l'accord sur le nucléaire iranien qu'il avait promis de « déchirer »

Le président américain Donald Trump, qui avait promis en campagne électorale de « déchirer » l'accord sur le programme nucléaire iranien, a décidé de le conserver et de poursuivre cette politique de son prédécesseur Barack Obama.

En contrepartie, l’administration Trump adoptera de nouvelles sanctions contre Téhéran pour le développement de son programme de missiles balistiques et ses actions « déstabilisatrices » au Moyen-Orient, a précisé un responsable de la Maison-Blanche.

Considéré comme un succès majeur de la diplomatie américaine sous la présidence de Barack Obama, l'accord sur le nucléaire iranien avait été signé le 14 juillet 2015 à Vienne par l'Iran et six grandes puissances, soit les États-Unis, la Russie, la Chine, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne.

Un accord qui fonctionne bien

Or, pendant sa campagne électorale, Donald Trump avait promis à maintes reprises d’abolir cet accord, qu’il décrivait comme « le pire accord international jamais conclu par les États-Unis ».

Mais l’administration Trump a fini par admettre que l’accord « remplissait les conditions » du texte qui prévoit un contrôle international du programme nucléaire civil iranien en échange d'une levée progressive des sanctions économiques contre le pays.

Depuis l’entrée en vigueur de l’accord, en janvier 2016, la Maison-Blanche doit « certifier » que l’Iran en respecte les règles tous les trois mois auprès du Congrès.

Le gouvernement de Donald Trump l'avait « certifié » une première fois en avril dernier et devait le refaire le 17 juillet, ce qu’il a fait.

Poursuite de la politique d'Obama

Depuis son arrivée au pouvoir, Donald Trump a poursuivi la politique de son prédécesseur Barack Obama de levée graduelle des sanctions contre l’Iran.

Malgré ses déclarations à l’emporte-pièce, le président républicain s’est bien gardé de sortir de cet accord international qui a nécessité trois ans de travaux et de compromis de la part de puissants alliés de l’Amérique. Son administration a toutefois lancé au printemps un réexamen, toujours en cours, de sa position sur l'entente.

L’abolition de cet accord de non-prolifération nucléaire était d’autant plus mal venue que l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a félicité en juin dernier l'Iran pour le respect de ses engagements prévus dans le texte.

Washington et Téhéran à couteaux tirés

Mais le torchon brûle toujours entre Washington et Téhéran à la suite de la condamnation, le week-end dernier, d’un Américain à 10 ans de prison pour « infiltration ».

Outre les nouvelles sanctions annoncées lundi, le Sénat américain a voté en juin un projet de loi pour punir Téhéran pour son « soutien à des actes terroristes internationaux ».

Le président Trump américain a aussi resserré ses liens avec l'Arabie saoudite sunnite et appelé à « isoler » davantage son rival iranien chiite. Washington accuse depuis six mois Téhéran d'être une « menace » régionale, qui « déstabilise » directement ou par l'entremise de groupes « terroristes » la Syrie, l'Irak, le Yémen ou le Liban.

Pour Téhéran, la politique de la Maison-Blanche est contradictoire. Selon le chef de la diplomatie iranienne, Javad Zarif, Washington poursuit d’une part la politique d’Obama en respectant l’accord de Vienne, mais continue d'autre part sa rhétorique anti-iranienne.

En réponse à l’annonce de nouvelles sanctions américaines contre Téhéran, le Parlement iranien a entamé mardi l’adoption d’un projet de loi qui renforce son programme de missiles balistiques ainsi que les forces spéciales « Qods » responsables des opérations extérieures, en Syrie notamment.

« Le message est clair et les Américains doivent bien le comprendre. Ce que vous êtes en train de faire est dirigé contre le peuple iranien et le Parlement y résistera de toutes ses forces », a déclaré le président du Parlement, Ali Larijani.

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