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Trump nomme le PDG d'ExxonMobil secrétaire d'État

Le président désigné des États-Unis, Donald Trump, a officialisé le choix du PDG de la société pétrolière ExxonMobil, Rex Tillerson, pour occuper le poste de secrétaire d'État au sein de sa future administration.

« J'ai choisi l'un des plus grands hommes d'affaires du monde pour le secrétariat d'État », s'est félicité Donald Trump sur Twitter.

« Je ne peux imaginer une personne mieux préparée et aussi dévouée pour servir en tant que secrétaire d'État à ce moment crucial de notre histoire », a poursuivi le président désigné par voie de communiqué.

« M. Tillerson sait comment gérer une organisation de dimension mondiale et comment s'orienter dans l'architecture complexe des affaires du monde et de différents dirigeants étrangers », ajoute le communiqué, en justifiant le choix inhabituel d'un homme d'affaires pour ce poste.

Le président Trump espère que la nomination de M. Tillerson permettra de normaliser les relations russo-américaines mises à mal par l’annexion de la Crimée et la guerre syrienne.

En tant que secrétaire d'État, il sera un avocat ferme et lucide des intérêts nationaux vitaux de l'Amérique et il aidera à changer des années de mauvaise politique étrangère et d'actions qui ont affaibli la sécurité et la place de l'Amérique dans le monde.

Extrait du communiqué

Ses liens avec la Russie mal accueillis

Plusieurs parlementaires, tant républicains que démocrates, ont exprimé des réserves face à la perspective de voir M. Tillerson diriger la diplomatie américaine.

À la tête d’ExxonMobil, M. Tillerson a développé des liens avec le président russe, Vladimir Poutine, et la principale société pétrolière russe Rosneft.

Être un ami de Vladimir n'est pas une caractéristique que j'espère chez un secrétaire d'État.

Marco Rubio, sénateur de la Floride

« Cet homme [Poutine, NDLR] est un voyou et un assassin, je ne vois pas comment on peut être l'ami d'un ancien agent du KGB », a affirmé pour sa part le sénateur républicain John McCain.

Cette relation privilégiée avec le président russe pourrait rendre difficile la confirmation de sa nomination par le Congrès, d'autant plus que Moscou est accusée par la CIA d'être intervenue dans l'élection américaine en faveur de M. Trump.

La Russie n’a d’ailleurs pas manqué de réagir à la nomination de M. Tillerson, saluant en lui un « professionnel » qui a de « bonnes relations de travail » avec le président russe Vladimir Poutine.

Une amitié qui remonte aux années 1990

MM. Tillerson et Poutine se sont rencontrés dans les années 1990, au moment où l’Américain supervisait un projet d’ExxonMobil sur l’île de Sakhaline, en Russie.

Les deux hommes ont renforcé leurs liens lorsque Vladimir Poutine est devenu président de la Russie à la suite de la démission de Boris Eltsine en décembre 1999.

Leur « amitié » sera couronnée par la signature d’un partenariat historique entre ExxonMobil et Rosneft. Les deux pétrolières s’associent pour explorer et forer conjointement l’Arctique et la Sibérie. L’accord initialement évalué à 3,2 milliards de dollars pourrait générer des revenus d’une valeur de 500 milliards selon les découvertes des gisements qui seront faites.

Les sanctions occidentales contre la Russie nuisent toutefois à cet accord puisque les activités sont gelées par les sanctions. M. Tillerson s’était d’ailleurs prononcé contre ces sanctions lors de l'assemblée générale des actionnaires d'ExxonMobil en 2014. « Nous avons toujours encouragé les gens qui prennent ces décisions à tenir compte de l'ensemble des dommages collatéraux ainsi que des personnes touchées par ces sanctions », avait-il objecté.

Le secrétaire d’État américain devra gérer, outre le dossier russe, le nucléaire iranien – dont il veut revoir l’accord conclu en 2015 – les querelles avec la Chine et la guerre en Syrie.

Ses prises de position sur la lutte contre le réchauffement climatique, lui qui a résisté à la réduction des investissements dans l’exploration pétrolière à titre de PDG d’ExxonMobil, sont également attendues.

Actionnaire d’Exxon - dont il détient plus de 150 millions de dollars de titres, selon des documents boursiers – il pourrait se retrouver en conflit d’intérêts puisque ses décisions à titre de secrétaire d’État pourraient influencer les cours de ses avoirs.

Des groupes de militants écologistes dénoncent cette nomination qui est déjà qualifiée d’« inimaginable » par le groupe 350.org. « Nous ne pouvons laisser M. Trump donner au plus grand groupe pétrolier du monde la responsabilité de notre politique internationale sur le climat. M. Tillerson est peut-être un ami de M. Poutine, mais ce n'est pas un ami de la planète. »

Parmi d'autres candidats considérés par M. Trump figurait l'ancien gouverneur du Massachusetts Mitt Romney, qui fut, pendant la campagne, un critique virulent de Donald Trump.

Le sénateur Bob Corker du Tennessee, qui dirige le Comité des relations étrangères, a lui aussi été considéré.

Donald Trump reporte l'annonce « majeure » sur la gestion de ses entreprises

Donald Trump a par ailleurs annoncé lundi qu'il reportait une conférence de presse prévue cette semaine au cours de laquelle il devait expliquer ce qu'il comptait faire de son empire immobilier.

Il a dit vouloir d'abord s'assurer que « de bons protocoles sont mis en place », ajoutant qu'il ne fera pas d'annonce quant à la gestion future de ses entreprises avant le mois prochain.

L'équipe juridique du président désigné a besoin de plus de temps pour mettre en place le meilleur plan pour l'avenir de la Trump Organization, a soutenu un porte-parole de l'équipe de transition de M. Trump, Sean Spicer.

Dans une entrevue qu'il a accordée cette fin de semaine, Donald Trump indiquait qu'il ne participerait pas à la gestion de ses entreprises et qu'il ne négocierait pas de contrats pour son empire international une fois qu'il entrera en poste, le 20 janvier.

Donald Trump a réitéré ces affirmations sur Twitter, lundi, en ajoutant que « même s’il n’y était pas contraint par la loi » il comptait laisser la charge de ses entreprises à ses deux fis, Don [Donald Jr] et Éric Trump, ainsi qu’à des collaborateurs déjà en poste, avant son entrée en fonction officielle.

Il a précisé qu’il souhaitait se concentrer sur la présidence « à temps plein » et a promis de tenir une conférence de presse « dans un futur rapproché » pour discuter de l’avenir de ses compagnies, des nominations de son cabinet ainsi que « de tout autre sujet digne d'intérêt ».

Sean Spicer a justifié le report de l'annonce au mois de janvier en insistant sur le fait que « plusieurs propriétés emblématiques et entités de réussite » étaient en jeu et qu'un délai supplémentaire permettrait de mieux élaborer les protocoles à suivre.

La mise en place de telles balises ferait en sorte que Donald Trump, une fois en fonction comme président, pourra se concentrer uniquement « sur le pays et sur l'accomplissement de son programme ambitieux avec l'aide du cabinet de renommée internationale qu'il a formé », a ajouté le porte-parole.

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