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Trump reste dans l’accord sur le nucléaire iranien pour le moment

Le président américain a maintenu vendredi la levée des sanctions contre l'Iran, obtenue lors de l'accord sur le nucléaire de 2015. Donald Trump a toutefois fixé un délai de 120 jours pour renforcer cet accord et menace à nouveau de s'en retirer « à tout moment ».

« C'est la dernière chance. En l'absence d'un tel accord, les États-Unis ne suspendront pas à nouveau les sanctions », a prévenu le président Trump dans un communiqué.

La Maison-Blanche a affirmé qu'il s'agissait de la dernière suspension que le président signerait. D'ici la prochaine échéance de suspension des sanctions, le président « entend travailler avec nos partenaires européens sur un accord de suivi » visant à durcir les conditions de l’accord de 2015 avec Téhéran et d'autres grandes puissances, précise un haut responsable de l'administration américaine.

L'accord n'est pas « renégociable » pour l'Iran

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, n’a pas tardé à réagir en accusant le président Trump de chercher « désespérément » à saboter un accord multilatéral solide », qui selon lui « ne peut être renégocié ».

« Plutôt que de répéter la même rhétorique, les États-Unis doivent agir en pleine conformité - comme le fait l'Iran », a ajouté M. Zarif, qui a également accusé Washington de « violation malveillante » de trois sections de l'accord, y compris le paragraphe 26 qui appelle les États-Unis à agir de « bonne foi pour soutenir [l'accord] » et permettre que l'Iran puisse profiter de la levée des sanctions.

Parallèlement à cette annonce, le Trésor américain a imposé vendredi de nouvelles sanctions contre 14 personnes ou entités iraniennes, notamment pour des « violations des droits de l'homme », visant en premier lieu le chef de l'Autorité judiciaire, Sadegh Amoli Larijani.

Depuis son arrivée à la Maison-Blanche, Donald Trump laisse entendre qu’il veut l’annulation de la convention d'encadrement du programme nucléaire iranien de juillet 2015.

En vertu de l'entente sur le nucléaire iranien, les sanctions qu’appliquait Washington depuis 2012 contre l’Iran, soupçonné de développer un programme d’armement nucléaire en secret, sont suspendues par la Maison-Blanche et réévaluées tous les quatre mois par le président, qui peut les remettre en place s’il estime que Téhéran ne respecte pas ses engagements.

Donald Trump a menacé à plusieurs reprises de retirer son pays de cet accord négocié par son prédécesseur, Barack Obama, auquel il ne croit pas. Il avait d'ailleurs qualifié ce texte de « pire accord international jamais signé par les États-Unis » lors de sa campagne électorale.

Les sanctions américaines de 2012 avaient pour but d'isoler la banque centrale de l'Iran du système financier mondial et d'empêcher l'accession du pays à des capitaux étrangers et aux grands marchés commerciaux internationaux. Les sanctions visaient aussi les industries pétrolières et pétrochimiques du pays.

Les Européens tiennent à cet accord

Mais Donald Trump n’est pas seul à décider dans ce dossier, il doit aussi composer avec les pays cosignataires de l'accord de Vienne, notamment les Européens qui, eux, veulent maintenir le traité en place.

Le président français Emmanuel Macron, notamment, a rappelé jeudi par téléphone à Donald Trump « la détermination de la France en faveur d'une application stricte de l'accord et l'importance de son respect par l'ensemble de ses signataires », selon l'Élysée.

« Il n'y a pas aujourd'hui d'indication qui pourrait faire douter du bon respect par la partie iranienne de l'accord, puisque l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA) confirme régulièrement sa bonne mise en œuvre », a pour sa part déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

À neuf reprises, depuis la signature des accords de Vienne, des inspecteurs de l'AIEA ont certifié que les Iraniens respectaient les termes du traité.

S’ils soutiennent l'accord de Vienne, les Européens n’en demeurent pas moins préoccupés eux aussi par certains dossiers, notamment par le développement de missiles balistiques par l'Iran ou son soutien au régime du président syrien Bachar Al-Assad, au Hezbollah libanais et à la rébellion houthie au Yémen.

L’Iran, de son côté, se dit prêt « à tous les scénarios » et a promis des représailles si les États-Unis lui imposaient de nouvelles sanctions.

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