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Trump se sépare de Bannon, son conseiller controversé

La Maison-Blanche a confirmé vendredi que le stratège en chef du président Donald Trump, Stephen Bannon, quittait ses fonctions. L'ancien patron de Breitbart News est considéré comme l'un des architectes de la victoire électorale de M. Trump.

« Le chef de cabinet John Kelly et Steve Bannon ont convenu qu'aujourd'hui serait le dernier jour [de travail] de Steve », a indiqué la porte-parole de l'administration Trump, Sarah Huckabee Sanders, dans une déclaration laconique transmise à la presse. « Nous sommes reconnaissants pour ses services et nous lui souhaitons le meilleur. »

Cette décision met un terme aux nombreuses rumeurs qui circulaient quant à l'avenir de M. Bannon depuis le début de la semaine. Plusieurs médias avaient rapporté que le général Kelly, appelé en renfort comme chef de cabinet par le président Trump, se méfiait de ce personnage controversé.

Dans une conférence de presse donnée mardi à la Trump Tower, à New York, M. Trump avait refusé de garantir l'emploi de M. Bannon, qui avait été la cible de nombreuses critiques dans la foulée des affrontements de Charlottesville, qui ont fait un mort en fin de semaine.

« Nous verrons ce qu'il advient de M. Bannon », avait dit le président, alimentant du coup les rumeurs. Donald Trump avait tout de même soutenu que son stratège était « un ami » et qu'il n'était « pas raciste ». Il avait aussi rappelé qu'il ne s'était joint que tardivement à sa campagne électorale.

Un personnage encombrant

Selon CNN, M. Trump aurait cependant été fâché par le fait que Stephen Bannon l'ait contredit dans une entrevue qu'il a accordée à The American Prospect mercredi, où il se moquait des menaces d'intervention américaine en Corée du Nord. « Il n'y a pas de solution militaire, ils nous ont coincés. »

Considéré comme un nationaliste sur le plan économique, M. Bannon soutenait en outre dans cet entretien que certains de ses collègues étaient des poltrons, parce qu'ils craignaient les conséquences de changements radicaux sur le plan commercial.

Stephen Bannon était aussi considéré comme étant à couteaux tirés avec Jared Kushner, gendre et conseiller de Donald Trump, et le général H.R. McMaster, conseiller à la sécurité nationale du président. Ce dernier l'avait d'ailleurs évincé du Conseil quelques semaines à peine après être entré en poste.

Citant une personne proche de Stephen Bannon, le New York Times soutient pour sa part que le stratège de la Maison-Blanche avait présenté sa démission le 7 août. Cette décision devait être rendue publique cette semaine, mais l'annonce aurait été retardée en raison des violences survenues lors d'une manifestation de suprémacistes blancs à Charlottesville.

Une source de Reuters avance plutôt que M. Trump avait décidé il y a deux semaines de se séparer de son stratège. « Ils lui ont donné l'occasion de démissionner en sachant qu'il serait forcé de le faire », avance-t-elle.

M. Bannon était également désigné comme celui qui avait poussé le président Trump à adopter son décret présidentiel sur les interdictions de séjour visant les citoyens de six pays à majorité musulmane et à annoncer le retrait des États-Unis de l'Accord de Paris.

Plusieurs collaborateurs du président américain ont quitté la Maison-Blanche en juillet, dont son porte-parole Sean Spicer, son chef de cabinet Reince Priebus et son directeur des communications Anthony Scaramucci. M. Trump a aussi dissous cette semaine deux instances qu'il avait mises sur pied pour le conseiller sur les questions économiques.

Selon Charles-Philippe David, président de l’Observatoire sur les États-Unis de l’UQAM, cette vague de départs laisse présumer un avenir incertain pour la présidence de Trump.

« Le fait que Donald Trump change d’idée comme il change de chemise ça veut dire que c’est un président ingérable. Si tôt dans une présidence, ça nous laisse trois ans de commentaires sur un paquet d’évènements qui vont probablement nous donner la chair de poule... », explique-t-il en entrevue à l'émission 24/60.

La démission d'un personnage influent comme Steve Bannon pourrait aussi rattraper le président américain.

« Steve Bannon pourrait s’en prendre à la présidence de Donald Trump. [...] Et là, la fracture que Trump provoque ne serait plus entre la droite et la gauche, mais serait au sein même de la droite aussi », précise Charles-Philippe David.

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