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Trump un an après : les femmes de retour dans la rue par solidarité avec le mouvement #MoiAussi

Un an après l'assermentation de Donald Trump à la Maison-Blanche, des femmes retournent dans les rues à l'occasion de la deuxième Marche des femmes. Alors que l'an dernier les Canadiennes marchaient en soutien à leurs voisines du sud, cette année ce sont les problèmes ici même au pays qui sont au coeur du débat.

Bien que l’événement ait été créé en protestation à l’élection de Donald Trump, le président américain n'est plus l'enjeu principal de la Marche des femmes.

Catherine Butler, une des responsables de l'événement à Ottawa, explique que « la conversation a depuis beaucoup évolué ».

L'année a été mouvementée depuis la première marche, et, pour cette seconde édition, les organisateurs de l’événement souhaitent donner un nouveau souffle aux mouvements de dénonciations comme #MoiAussi (#MeToo).

L'accent est ainsi mis sur les violences sexuelles dont sont victimes chaque année des femmes canadiennes. Une attention spéciale est d'ailleurs réservée aux femmes autochtones disparues ou assassinées.

Il faut donc « une action collective pour que les histoires s’arrêtent », explique quant à elle Gabrielle Bouchard, présidente de la Fédération des femmes du Québec. Dans ce sens, la Marche des femmes propose d’ailleurs de nouveaux mots-clics comme #ÇaPassePu et #OnAgit pour faire avancer la cause en 2018.

Ces rassemblements et ces marches ont lieu dans au moins 38 villes canadiennes. Des centaines, voire des milliers de femmes, mais aussi des hommes et des enfants, sont rassemblés à Victoria, à Calgary, à Ottawa, à Toronto ou encore à Montréal.

Montréal

Dans la métropole québécoise, mais aussi ailleurs au Canada, l’organisation de la Marche des femmes a tenu à reconnaître les droits ancestraux des territoires autochtones sur lesquels ces rassemblements doivent avoir lieu.

« C’est dans le respect des liens avec le passé, le présent et l’avenir que nous reconnaissons les relations continues entre les peuples autochtones et autres personnes de la communauté montréalaise », peut-on lire sur la page Facebook de l’événement.

Un geste qui s’inscrit dans une volonté de faire de ce rassemblement une affaire inclusive et intersectionnelle. L’organisation a d’ailleurs rappelé que l’événement était ouvert à tous ceux et celles qui soutiennent les droits des femmes, peu importe leur genre, orientation sexuelle, ethnie ou croyance.

Pour Sandra Wesley, directrice générale chez Stella, une organisation qui lutte pour les droits des travailleuses du sexe, il est d'ailleurs primordial de « mettre de l'avant les femmes plus marginalisées qui se sentent souvent exclues de ces mouvements ». C'est pourquoi des porte-parole et des groupes représentant les autochtones, les transsexuelles ou encore les aînées prennent part au mouvement.

La marche a été lancée sur l’Esplanade de la Place des Arts en avant-midi.

Ottawa

Dans la capitale nationale, les participants étaient pour leur part invités à se présenter à midi sur la colline du Parlement afin d’entamer une marche dans les rues d’Ottawa.

Afin de souligner la cause des femmes autochtones disparues et assassinées, on a suggéré aussi aux marcheurs de porter un foulard rouge. Un groupe de percussionnistes composé exclusivement de femmes autochtones a aussi accompagné le cortège dans son parcours.

Discours, performances et ateliers se tiendront ensuite au Bronson Center, dans le cadre de l’événement qui devrait se dérouler pendant une bonne partie de l’après-midi.

Toronto

À Toronto, on veut plutôt mettre l'accent sur les nombreuses jeunes activistes qui prendront la parole.

« Nous voulons continuer d’inspirer les gens à faire des actions pour permettre au mouvement de progresser et pour construire une ville bien pour tout le monde », indique une des organisatrices de l’événement, Kavita Dogra, qui espère que la marche éveillera la verve de l’action politique chez quelques participantes.

Le coup d'envoi de la Marche des femmes, à Toronto, a été donné à midi à la place Nathan Phillips.

Ailleurs dans le monde

Il y a un an jour pour jour, plus d’un demi-million de femmes étaient descendues vers la capitale des États-Unis pour manifester leur désaccord à l'endroit de Donald Trump et de ses propos sexistes.

Encore cette année, des femmes ont pris d'assaut les rues du pays, notamment à New York où des dizaines de milliers de personnes sont attendues samedi.

Les instigatrices de la Marche des femmes aux États-Unis seront à Las Vegas, dimanche, pour le rassemblement le plus important de cette initiative.

À Rome, des douzaines d'activistes se sont réunis eux aussi en soutien aux femmes victimes de violences sexuelles.

Avec les informations d’Emmanuelle Latraverse

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