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Uber : débats houleux au conseil municipal de Toronto

À Toronto, les élus du conseil municipal continuent de débattre de l'avenir d'Uber devant une salle remplie de militants pour ou contre les services du géant américain.  

Le maire de Toronto, John Tory, veut convaincre le conseil municipal d'adopter un nouveau cadre réglementaire pour Uber, ce service de covoiturage commercial qui permet à des individus de transporter des clients avec leur voiture personnelle.

Son président du comité des permis, Cesar Palacio, dénonce le plan de créer une catégorie de service dédiée au géant américain, affirmant que ça « tuerait l'industrie du taxi », dont les tarifs continueraient à être régis par la Ville.

Des débats houleux

Une pétition pro-Uber contenant 58000 noms a été déposée au conseil. Les détracteurs de la compagnie ont présenté, eux, leur propre pétition, réunissant 7000 noms.

Pendant ce temps à l'extérieur de la salle, des dizaines de chauffeurs vêtus de chandails jaune manifestent leur soutien à l'industrie du taxi.

Ils écoutent les débats et applaudissent ou huent bruyamment certaines interventions, rapporte notre journaliste sur place Lyne-Françoise Pelletier

Actuellement, les conducteurs d'UberX sont dans une zone grise de la loi, ne nécessitant ni permis ni inspection de la Ville.

Une situation similaire à celle qui prévaut dans nombre d'autres villes canadiennes, qui suivent le débat à Toronto de près.

Majorité cruciale

Étant donné qu'il n'y a pas de partis en politique municipale en Ontario, le maire, qui n'a qu'une voix, devra convaincre une majorité des 44 conseillers de l'appuyer pour gagner le vote.

Un grand nombre de conseillers demeurent toutefois indécis. Les conseillers John Filion, Justin Di Ciano, Gord Perks et Joe Mihev ont dit à Radio-Canada qu'ils voulaient s'informer davantage avant de se prononcer.

Plus tôt ce mois-ci, le comité torontois des permis a rejeté les recommandations des fonctionnaires municipaux, renvoyant la balle au conseil municipal. Les fonctionnaires recommandent également de réduire le tarif de base des taxis d'un dollar, pour favoriser la concurrence avec Uber.

COMMENT D'AUTRES VILLES S'Y PRENNENT : 

Révolution dans la ville aux taxis jaunes

Uber est en train de prendre New York d'assaut. Ses chauffeurs y font maintenant 140 000 courses par jour, soit quatre fois plus qu'il y a un an. L'entreprise compte plus de conducteurs que les emblématiques taxis jaunes de la ville.

Le maire de New York, Bill de Blasio, a menacé d'imposer un plafond à la compagnie, affirmant que toutes ces voitures congestionnaient Manhattan. La Ville a aussi saisi les véhicules de dizaines de conducteurs d'Uber qui allaient chercher illégalement des voyageurs à l'aéroport JFK. Mais le maire de Blasio, qui a accusé Uber de ne penser « qu'à ses propres intérêts et ses profits », a fini par mettre de l'eau dans son vin. Il a accepté en juillet dernier de permettre à la compagnie de poursuivre son expansion, en échange de plus de données sur ses courses, pour une étude de quatre mois sur l'impact d'Uber sur la circulation et l'environnement.

Néanmoins, à New York, les conducteurs d'UberX doivent obtenir un permis, comme les chauffeurs de limousine, et suivre une formation de huit heures. Par ailleurs, leurs antécédents judiciaires sont vérifiés et leur véhicule doit avoir moins de cinq ans.

Les chemises tombent à Edmonton

« Honte à vous » ont scandé des chauffeurs de taxi d'Edmonton aux conseillers municipaux, plus tôt en septembre. Plusieurs avaient même retiré leur chemise, pour montrer qu'Uber leur faisait perdre leur gagne-pain.

Toutefois, tout comme Toronto, Edmonton a tenté, en vain, de bannir Uber, raconte le conseiller municipal Michael Oshry. Selon lui, la compagnie ne « collabore pas beaucoup » avec les élus, mais elle gagne en popularité chaque jour, face au coût élevé d'une course en taxi, ce qui force la Ville à réformer ses politiques. « [Les résidents veulent] plus d'options », dit-il. Tout comme Toronto, Edmonton tente d'encadrer les conducteurs d'Uber sous une nouvelle catégorie de permis, qui leur permettrait de continuer à avoir leurs propres tarifs, mais tout en les forçant à avoir une assurance adéquate et en les empêchant d'être hélés dans la rue comme un taxi.

Le conseil municipal d'Edmonton reprendra ses discussions sur Uber en novembre. Le maire de la ville, Don Iveson, affirme, par ailleurs, qu'il souhaite collaborer avec son homologue torontois pour réglementer le service de covoiturage commercial.

Uber devant les tribunaux à Paris

À Paris, les manifestations anti-Uber de chauffeurs de taxi ont été violentes l'été dernier : des voitures renversées aux incendies allumés dans la rue.

Deux catégories de conducteurs d'Uber existent en France. Ceux qui détiennent un permis dit VTC doivent suivre une formation de trois mois et disposer d'un véhicule assez grand, alors qu'à peu près n'importe qui peut devenir un chauffeur d'UberPop, dont les tarifs sont encore moins élevés. Uber a, toutefois, suspendu ce dernier service en juillet, et ce jusqu'à nouvel ordre, après avoir été traîné devant les tribunaux. Deux de ses hauts dirigeants en Europe sont accusés de pratique commerciale trompeuse et de complicité dans le but d'exercer illégalement la profession de taxi.

Uber a porté la cause en appel. 

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