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Uber lance un service sans chauffeur à Pittsburgh

Les résidents de Pittsburgh, en Pennsylvanie, pourront désormais prendre le taxi sans faire la conversation au chauffeur. La société Uber a lancé un service de location de voiture sans conducteur.

Une flotte de quatre véhicules équipés de lasers, de caméras et de capteurs transportera des clients dans cette ville de 2,6 millions d'habitants.

Les clients ne seront toutefois pas réellement seuls dans la première phase du projet, puisque des techniciens les accompagneront pour observer le comportement du véhicule.

Un technicien sera assis dans le siège du conducteur, sans toutefois toucher au volant, pendant qu'un second s'assurera du bon fonctionnement du véhicule.

Uber espère toutefois laisser ses véhicules circuler seuls assez rapidement.

Un journaliste de l'AFP a pu faire l'essai de l'un de ces véhicules et il a été à même de constater que les voitures trouvaient leur chemin facilement dans une ville où la circulation est difficile.

Uber, qui peaufine cette technologie depuis deux ans, a été devancée par une entreprise de Singapour qui a lancé un tel service dans une petite partie de l'île.

La géographie de Pittsburgh - avec ses collines escarpées, ses vieilles rues étroites et ses enchevêtrements d'autoroutes - représente un défi d'une tout autre nature.

Une douzaine de Ford hybride, dont le toit est surmonté d'une imposante machinerie, seront prêts à prendre la route à leur tour lorsque les quatre premiers véhicules auront fait leurs preuves.

Les voitures autonomes sont l'un des secteurs de pointe de la recherche automobile les constructeurs rivalisant pour prendre un ascendant dans ce nouveau créneau.

L'américain Ford et l'Allemand BMW se sont fixé l'objectif d'une production de masse pour 2021.

Quant à Tesla, un autre joueur américain, commercialise déjà une berline. Le projet est toutefois remis en question depuis un accident mortel impliquant un de ses véhicules en Floride.

De l'économie du partage à l'absence de chauffeur

La capacité d'Uber à récolter et à utiliser des quantités phénoménales de données sur les routes et les conditions routières accumulées par ses chauffeurs lui ont permis de coiffer ses rivaux au poteau.

Ironie du sort, ces chauffeurs qui ont permis à Uber d'amasser cette énorme quantité de données, grâce aux milliards de kilomètres parcourus, seront les premières victimes de cette nouvelle technologie.

Reconnue pour son application mobile efficace, Uber a permis à des millions de conducteurs de faire de l'argent en faisant du taxi sans en payer les licences.

L'expérience du taxi sans chauffeur de Pittsburgh laisse toutefois présager un changement d'orientation pour se tourner vers le taxi sans chauffeur.

« La conduite autonome est au coeur de la mission d'Uber », estime le vice-président chargé de l'ingénierie chez Uber, estime Anthony Levandowski. L'entreprise précise toutefois qu'il s'agit d'un lointain objectif et que les voitures autonomes cohabiteront longtemps avec les véhicules classiques.

M. Kalanick ajoute que le but ultime est de rendre les routes plus sûres. « Nous savons que les [voitures] Uber autonomes ont un potentiel énorme pour accomplir notre mission et améliorer la société : réduire le nombre d'accidents de la route, qui tuent 1,3 million de personnes par an, libérer 20 % de l'espace urbain mangé par les places de stationnement pour des milliards de voitures et réduire les embouteillages qui font perdre des milliers de milliards d'heures par an », a-t-il ajouté.

Uber affirme que ses véhicules n'ont pas eu d'accident à ce jour, mais cette perspective semble inéluctable aux techniciens qui accompagneront les premiers clients du géant américain.

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