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Uber : les chauffeurs de taxi oseront-ils paralyser Montréal?

L'industrie québécoise du taxi tiendra une grande assemblée à Montréal le 31 janvier prochain. Au coeur des discussions : les actions à prendre pour convaincre le gouvernement d'agir encore plus concrètement contre Uber.

Un texte de Jean-Sébastien Cloutier

De nombreux chauffeurs de taxi aimeraient bien organiser une manifestation monstre pour bloquer ponts, rues et aéroport de la métropole au début février. Mais le maire Denis Coderre, qui a rencontré les représentants de l'industrie jeudi après-midi pour discuter de sa nouvelle politique du taxi, leur a demandé de ne pas le faire.

« Moi, je dis que c'est inacceptable. Je leur dis : "N'embarquez pas là-dedans! [...] On peut faire les nouvelles rapidement, mais vous allez mettre tout le monde en maudit" », a-t-il prévenu.

Le maire Coderre dit toutefois comprendre la frustration des chauffeurs. Il leur a souligné que 641 constats pour transport illégal ont été émis et que 585 véhicules ont été saisis à Montréal en 2015.

Selon lui, le ministre des Transports Robert Poëti agira bientôt pour mettre des bâtons dans les roues à Uber. « Dans les cartons [sic], ils sont en train de travailler sur des amendements législatifs et tout ça », a-t-il assuré.

Le porte-parole du comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi, Guy Chevrette, souhaite que Québec suspende les permis de conduire des chauffeurs d'Uber pris sur le fait. Les actions actuelles, souligne-t-il, ne sont pas suffisantes : ceux dont le véhicule est saisi voient leurs frais payés par Uber et peuvent recommencer le lendemain.

Cependant, Guy Chevrette se garde bien d'appuyer les chauffeurs qui souhaitent bloquer des rues pour protester. « Est-ce qu'on doit risquer de perdre le capital de sympathie qu'on a gagné? C'est la question que je pose. Et je pense que les gens de l'industrie du taxi vont devoir se la poser, peu importe le groupe auquel ils appartiennent », estime-t-il.

Les chauffeurs de taxi disent être aux prises avec d'immenses pertes de revenus depuis l'arrivée d'Uber à Montréal à l'automne 2014. L'entreprise, qui permet à tout citoyen d'être chauffeur de taxi à ses heures, est très populaire dans la métropole. Chaque mois, environ 300 000 personnes utiliseraient les services d'Uber à Montréal.

« Alors que des villes comme Edmonton, Ottawa et Toronto travaillent sur des réglementations innovantes qui appuient le covoiturage urbain, il est décevant de voir l'administration du maire Coderre gaspiller des fonds publics pour ralentir l'innovation qu'apporte la technologie - tout en se targuant de faire de Montréal une "ville intelligente" », lance Jean-Christophe de le Rue, porte-parole d'Uber Canada, dans une déclaration transmise à Radio-Canada. « Depuis deux ans, le maire Coderre a refusé toutes les demandes de rencontres et de dialogue sur les options alternatives de transport supportées, demandées et utilisées par des centaines de milliers de ses propres citoyens », ajoute-t-il.

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